L’ancien Président de la République du Niger et Champion de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), Issoufou Mahamadou, a été reçu, dimanche 18 octobre 2026, par le Président de la République du Ghana, John Dramani Mahama, dans le cadre des efforts visant à accélérer la mise en œuvre de l’Agenda 2063 de l’Union africaine. Cette rencontre de haut niveau s’inscrit dans une dynamique de relance des grandes ambitions panafricaines. Au-delà des échanges diplomatiques, elle traduit une volonté partagée de faire passer le continent africain d’une phase de planification stratégique à une étape de réalisations concrètes, capables de transformer durablement les conditions de vie des populations et de renforcer la position de l’Afrique sur l’échiquier international.
Au cœur des discussions, les deux personnalités ont insisté sur l’impérieuse nécessité de convertir les aspirations de l’Agenda 2063 en projets structurants et mesurables. L’objectif est de consolider les fondements d’une Afrique plus intégrée, plus prospère et davantage maîtresse de son destin. Cette vision repose sur plusieurs axes stratégiques considérés comme essentiels pour l’avenir du continent. Parmi eux figure en première ligne la question de la paix et de la sécurité, préalable indispensable à toute dynamique de développement durable.
Les échanges ont notamment mis en lumière l’initiative continentale « Faire taire les armes d’ici 2030 », l’un des projets phares de l’Union africaine. Cette ambition vise à réduire les conflits armés, renforcer les mécanismes de prévention des crises et créer les conditions d’une stabilité durable à travers le continent. Pour les promoteurs de cette vision, aucun projet d’intégration économique ou de transformation structurelle ne peut pleinement réussir dans un environnement marqué par l’insécurité et les tensions géopolitiques.
L’intégration économique a également occupé une place centrale dans les discussions. Les deux dirigeants ont souligné l’importance d’accélérer la mise en œuvre effective de la Zone de libre-échange continentale africaine, considérée comme l’un des plus ambitieux projets économiques jamais engagés sur le continent. La ZLECAf doit permettre de stimuler les échanges intra-africains, d’élargir les débouchés commerciaux pour les entreprises africaines et de renforcer la compétitivité des économies nationales.
Dans cette perspective, le développement des corridors commerciaux africains apparaît comme un levier stratégique pour fluidifier la circulation des marchandises, réduire les coûts logistiques et favoriser une meilleure interconnexion des marchés régionaux.
Les questions d’infrastructures ont également retenu l’attention des deux responsables. Parmi les projets emblématiques évoqués figure la réalisation d’un réseau ferroviaire continental à grande vitesse, destiné à relier davantage les États africains et à faciliter la mobilité des personnes et des biens.
La rencontre a également mis l’accent sur l’impératif de souveraineté économique. Les échanges ont porté sur le développement des secteurs énergétique et agricole ainsi que sur la transformation locale des ressources minières et pétrolières.
Cette initiative intervient à un moment particulièrement important pour l’Union africaine. Après une première décennie de mise en œuvre de l’Agenda 2063 couvrant la période 2014-2023, la phase 2024-2033 est désormais présentée comme celle de l’accélération.
Les États africains sont appelés à intensifier les réformes, les investissements et les partenariats nécessaires à la concrétisation des objectifs de développement, d’intégration et de transformation économique fixés par le continent.
Fatoumata Traoré
