Réunis à Niamey les 23 et 24 juin 2026, les ministres des Finances, des Mines et des Hydrocarbures des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) ont tenu des échanges stratégiques autour du financement des projets structurants, notamment dans le secteur pétrolier. Cette rencontre s’inscrit dans la mise en œuvre de la feuille de route du pilier développement et marque une étape décisive dans la vision des dirigeants de la Confédération.
Le point d’orgue de cette dynamique est la création officielle de la Banque Confédérale pour l’Investissement et le Développement (BCID-AES), dont le siège est établi à Bamako.
Dotée d’un capital initial de 500 milliards de F CFA, cette institution est conçue comme un instrument de souveraineté économique, destiné à financer des projets de développement endogènes et à réduire la dépendance vis-à-vis des bailleurs internationaux.
La BCID-AES concentrera ses interventions sur des secteurs vitaux pour l’espace confédéral : infrastructures et désenclavement, pour améliorer la connectivité régionale ; agriculture et sécurité alimentaire, afin de renforcer l’autosuffisance ; énergie et hydrocarbures, pour sécuriser l’approvisionnement et développer les ressources locales ; soutien au secteur privé, moteur de croissance et d’innovation.
En mutualisant leurs ressources, le Burkina Faso, le Mali et le Niger entendent accélérer leur intégration économique et bâtir une économie sahélienne endogène et résiliente. L’objectif est de transformer directement sur le continent les immenses ressources naturelles de la région, en créant de la valeur ajoutée et en consolidant l’indépendance économique.
La création de la BCID-AES illustre la volonté des États membres de l’AES de franchir une nouvelle étape vers la souveraineté économique. En dotant la Confédération d’un outil financier puissant, les dirigeants sahéliens posent les bases d’une intégration régionale renforcée et d’un développement durable, porté par leurs propres ressources.
Moussa Traoré
