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RDC: la sortie de la liste grise du GAFI consacre les réformes financières engagées par le gouvernement

La République démocratique du Congo franchit une étape majeure dans son processus de redressement de son image financière internationale. À travers un communiqué publié le 30 octobre 2026, la Primature a salué la décision du Groupe d’action financière (GAFI) de retirer officiellement le pays de sa liste grise, qui regroupe les juridictions soumises à une surveillance renforcée en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes. Cette décision représente bien davantage qu’une simple reconnaissance technique. Elle marque l’aboutissement de plusieurs années de réformes institutionnelles, réglementaires et opérationnelles menées sous l’impulsion des plus hautes autorités congolaises afin d’aligner le système financier national sur les standards internationaux les plus exigeants.

Selon le communiqué de la Primature, cette dynamique a été impulsée par le Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui avait fait de la conformité aux normes internationales de gouvernance financière une priorité stratégique. Cette orientation a permis de fédérer l’ensemble des institutions concernées autour d’un objectif commun : renforcer la transparence financière et améliorer la crédibilité du pays sur la scène internationale.

Sous la conduite de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, cette ambition présidentielle s’est traduite par une mobilisation soutenue des administrations publiques, des régulateurs financiers et des organes de contrôle. L’action gouvernementale coordonnée a notamment permis de réaliser des progrès significatifs dans la mise en œuvre des 23 actions prévues dans le plan d’action convenu avec le GAFI.

Le retrait de la liste grise trouve son fondement dans plusieurs avancées concrètes réalisées au cours des dernières années. Parmi les mesures mises en œuvre figurent l’adoption du rapport national d’évaluation des risques de blanchiment des capitaux et de financement du terrorisme, le renforcement de la supervision basée sur les risques ainsi que l’amélioration de l’exploitation du renseignement financier dans les enquêtes et les poursuites judiciaires. Les autorités congolaises ont également consolidé les mécanismes d’identification, de saisie et de confiscation des avoirs provenant d’activités criminelles. Ces réformes ont permis au pays de répondre aux exigences du GAFI et de démontrer sa volonté de bâtir un système financier plus résilient et plus transparent.

Le gouvernement insiste sur le caractère collectif de cette réussite. Celle-ci est le fruit d’une coopération étroite entre plusieurs institutions, notamment le ministère de la Justice, le ministère des Finances et la Cellule nationale des renseignements financiers (CENAREF), dont l’expertise technique a joué un rôle déterminant dans la conduite des réformes.

La Primature a également tenu à féliciter les différents organismes qui ont contribué à cette avancée. Parmi eux figurent la Banque centrale du Congo, l’Autorité de régulation et de contrôle des assurances (ARCA), le Fonds de lutte contre le crime organisé (FOLUCCO), le Comité consultatif de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération (COLUB), ainsi que les autorités judiciaires et les administrations concernées. Cette mobilisation transversale témoigne de l’importance accordée par les autorités à la sécurisation du système financier national et à la lutte contre les circuits financiers illicites susceptibles de fragiliser l’économie du pays.

Au-delà de son caractère symbolique, la décision du GAFI devrait produire des effets économiques significatifs. Le gouvernement estime que la sortie de la liste grise constitue un signal positif envoyé à la communauté financière internationale. Cette reconnaissance est appelée à renforcer la confiance des investisseurs étrangers, à améliorer l’attractivité économique du pays et à faciliter son intégration dans les circuits financiers mondiaux. Elle pourrait également contribuer à réduire certaines réticences des institutions financières internationales et à fluidifier les relations entre les établissements bancaires congolais et leurs correspondants étrangers.

Dans un environnement où la réputation financière d’un État joue un rôle déterminant dans la mobilisation des capitaux, cette évolution apparaît comme un levier important pour soutenir les ambitions économiques de la RDC.

Malgré cette avancée majeure, le gouvernement congolais se garde de tout triomphalisme. Les autorités rappellent que cette reconnaissance internationale ne constitue pas une finalité mais une étape dans un processus continu de consolidation de l’État de droit économique et financier. La Primature souligne que le maintien des acquis exigera une vigilance permanente ainsi que la poursuite des réformes engagées afin d’éviter toute résurgence des vulnérabilités identifiées par les instances internationales.

Korotoumou Sylla

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