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Finances publiques: le Burkina Faso vise un déficit maîtrisé et une croissance robuste sur la période 2027-2031

Le Burkina Faso franchit une nouvelle étape dans la planification de sa politique économique. Réunis ce mardi 20 octobre 2026  à Ouagadougou, les membres statutaires du Comité national de politique économique (CNPE) ont adopté le projet de Rapport sur les perspectives économiques et financières (RPEF) 2027-2031, un document stratégique qui dresse les grandes orientations de l’économie nationale pour les cinq prochaines années et identifie les principaux défis à relever.

Les travaux ont été conduits par le secrétaire exécutif national de la Politique nationale de développement (SEN-PND), Dr Aboubacar Sawadogo, représentant le président du CNPE et directeur général du Trésor et de la comptabilité publique. Cette rencontre a permis d’examiner les prévisions macroéconomiques du pays dans un contexte marqué par la mise en œuvre du Plan RELANCE 2026-2030, considéré comme le principal levier de croissance pour les années à venir.

Le rapport adopté met en évidence une dynamique économique globalement favorable au cours des dernières années. Après une croissance de 3 % en 2023 et de 4,8 % en 2024, l’économie burkinabè a enregistré une progression de 5,3 % en 2025. Pour l’année 2026, la croissance est estimée à 6 %, confirmant la tendance à l’amélioration de l’activité économique.

Cette trajectoire devrait se poursuivre sur la période 2027-2031, avec un taux de croissance moyen annuel projeté à 6,1 %. Selon les auteurs du rapport, cette performance serait principalement soutenue par l’exécution des réformes et des investissements prévus dans le cadre du Plan RELANCE, dont l’ambition est de renforcer les capacités productives du pays et de stimuler durablement l’économie nationale. Sur le front des prix, les perspectives apparaissent également encourageantes. Le rapport prévoit une inflation modérée en 2026, avec une hausse moyenne estimée à seulement 0,3 %. Cette évolution reste toutefois conditionnée à plusieurs facteurs externes, notamment l’évolution de la conjoncture internationale ainsi que le maintien des mesures gouvernementales destinées à stabiliser les prix des produits de grande consommation.

Au-delà des perspectives de croissance, le document souligne l’importance de la consolidation des finances publiques. Les autorités entendent poursuivre leurs efforts en matière de mobilisation des recettes fiscales et de maîtrise des dépenses afin de préserver les équilibres budgétaires.

À cet égard, le déficit budgétaire est estimé à 2,4 % du produit intérieur brut en 2026, un niveau inférieur au plafond communautaire de 3 % fixé dans l’espace de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Pour la période 2027-2031, le gouvernement ambitionne de maintenir ce déficit à un niveau inférieur ou égal à ce seuil de référence, tout en assurant le financement des priorités de développement.

Le rapport fait également état d’une relative stabilité de la dette publique, dont le poids devrait se maintenir autour de 48 % de la richesse nationale au cours des prochaines années. Une évolution qui traduit la volonté des autorités de préserver la soutenabilité des finances publiques tout en poursuivant les investissements nécessaires à la transformation économique du pays.

Les perspectives extérieures demeurent elles aussi favorables. Les exportations, notamment celles de l’or, continueront de jouer un rôle déterminant dans les performances économiques du Burkina Faso. Les revenus tirés du commerce international devraient ainsi bénéficier du maintien d’une production aurifère soutenue et de cours mondiaux toujours favorables. Toutefois, cette projection reste tributaire de l’évolution des marchés internationaux.

L’ensemble de ces prévisions repose sur plusieurs hypothèses majeures, parmi lesquelles figurent l’amélioration progressive de la situation sécuritaire, l’atténuation des tensions géopolitiques mondiales ainsi que la mise en œuvre effective des réformes et investissements prévus dans le cadre du Plan RELANCE.

L’adoption du projet de Rapport sur les perspectives économiques et financières intervient à l’issue d’un atelier technique organisé du 5 au 14 octobre 2026 par le SEN-PND, avec la participation des membres de la cellule technique du CNPE. Le document sera désormais soumis au ministre de l’Économie et des Finances pour validation avant sa transmission à la Commission de l’UEMOA au plus tard le 31 octobre 2026.

Khadidiatou Maïga

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