En marge de ses rencontres tenues dans le cadre des grandes réunions financières internationales, le ministre des Finances et du Budget de la République centrafricaine, Hervé Ndoba, a poursuivi son offensive économique en multipliant les échanges avec les investisseurs institutionnels africains. C’est dans cette dynamique qu’il a rencontré une délégation d’Africa50, la plateforme panafricaine d’investissement dans les infrastructures créée à l’initiative des gouvernements africains et de la Banque africaine de développement (BAD).
Au cours des discussions, Hervé Ndoba a réaffirmé la volonté du gouvernement centrafricain d’ouvrir davantage l’économie nationale aux investissements structurants susceptibles de soutenir durablement la croissance, de moderniser les infrastructures et de renforcer l’intégration régionale du pays. Pour le ministre, la République centrafricaine dispose aujourd’hui d’importants besoins en infrastructures capables de stimuler l’activité économique et d’améliorer la compétitivité nationale. Dans cette perspective, il a invité Africa50 à faire de la RCA l’une de ses destinations prioritaires en matière d’investissement. Cette démarche s’inscrit dans la stratégie gouvernementale visant à mobiliser davantage de capitaux privés et institutionnels pour accompagner la mise en œuvre des projets de développement jugés essentiels à la transformation économique du pays.
Parmi les secteurs identifiés comme prioritaires figure celui de l’énergie, considéré comme un levier fondamental du développement économique et industriel.
Le ministre des Finances et du Budget a notamment plaidé en faveur d’un investissement dans l’augmentation des capacités nationales de stockage des produits pétroliers. Selon lui, un tel projet constitue un enjeu stratégique majeur pour la République centrafricaine. Le renforcement des infrastructures de stockage permettrait non seulement de sécuriser l’approvisionnement du pays en produits énergétiques, mais également de contribuer à la stabilité des prix sur le marché intérieur tout en réduisant les risques de ruptures d’approvisionnement.
Dans un contexte marqué par les fluctuations des marchés internationaux de l’énergie, cette question apparaît comme un élément central de la souveraineté économique et énergétique du pays.
Les échanges ont également porté sur l’importance du corridor Bangui-Douala, principal axe de desserte commerciale de la République centrafricaine. Hervé Ndoba a particulièrement insisté sur la nécessité de renforcer les infrastructures de la plateforme douanière de Beloko, située à la frontière entre la République centrafricaine et le Cameroun.
Véritable porte d’entrée du commerce extérieur centrafricain, ce corridor joue un rôle essentiel dans l’approvisionnement du pays et dans la fluidité des échanges avec les marchés régionaux et internationaux. Pour les autorités centrafricaines, la modernisation de cette infrastructure représente un facteur déterminant pour améliorer la compétitivité de l’économie nationale et renforcer l’intégration commerciale du pays au sein de la sous-région.
Convaincu que les infrastructures constituent le socle de toute transformation économique durable, le ministre a invité les responsables d’Africa50 à effectuer prochainement une mission à Bangui afin d’engager des discussions techniques approfondies sur les projets identifiés.
La proposition a reçu un accueil favorable de la part d’Africa50. La délégation a exprimé son intérêt pour les opportunités offertes par la République centrafricaine et s’est engagée à organiser dans les meilleurs délais une visite de travail à Bangui. Cette mission devrait déboucher sur la signature d’un protocole d’accord (Memorandum of Understanding – MOU), première étape vers la structuration de futurs partenariats d’investissement.
Abdoulaye Cissé
