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Assemblée annuelle FMI-Banque mondiale: la Côte d’Ivoire érigée en modèle de l’échange de dette contre développement

La Côte d’Ivoire a vu son expérience en matière de financement innovant du développement saluée au plus haut niveau de la Banque mondiale. Réunis le 14 octobre 2026 à Bangkok dans le cadre des Assemblées annuelles du Groupe de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI), les gouverneurs africains ont assisté à une intervention remarquée du président du Groupe de la Banque mondiale, Ajay Banga, qui a cité en exemple l’opération d’échange de dette contre développement mise en œuvre par la Côte d’Ivoire.

Le pays était représenté à cette rencontre du Caucus africain par le ministre du Plan et du Développement, Dr Souleymane Diarrassouba, Gouverneur de la Banque mondiale pour la Côte d’Ivoire. Les échanges ont porté sur les grands défis du financement du développement en Afrique, dans un contexte marqué par la contraction de l’aide publique et la nécessité de mobiliser davantage de ressources privées.

Présentée comme une opération pionnière, l’initiative ivoirienne repose sur un mécanisme permettant de refinancer une dette coûteuse à travers l’émission de nouvelles obligations bénéficiant de garanties de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) et de l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA). Cette structure permet d’obtenir des conditions de financement plus avantageuses et de générer des économies substantielles sur le service de la dette.

La particularité de ce dispositif réside dans l’affectation directe des ressources dégagées à des secteurs prioritaires de développement. Les économies réalisées ne sont pas versées au budget général de l’État, mais orientées vers des domaines stratégiques tels que l’éducation, la santé, l’accès à l’eau potable ou encore la protection de l’environnement.

Le succès de cette approche suscite un intérêt croissant au sein des pays en développement. Selon Ajay Banga, quatorze États collaborent actuellement avec la Banque mondiale en vue de mettre en œuvre des opérations similaires d’échange de dette contre développement.

Au cours de son intervention, le président de la Banque mondiale a également mis en avant les progrès réalisés dans la mobilisation de financements privés en faveur des économies émergentes et en développement. Les capitaux privés mobilisés par l’institution ont atteint un niveau record de 112 milliards de dollars au titre de l’exercice 2026, contre seulement 35 milliards de dollars en 2022.

Malgré cette progression significative, Ajay Banga a souligné la persistance d’importantes disparités. Sur ce montant global, à peine 3 milliards de dollars ont bénéficié aux pays à très faible revenu, révélant les difficultés auxquelles ces économies continuent de faire face pour attirer les investissements internationaux.

Pour le président du Groupe de la Banque mondiale, cette situation s’explique en grande partie par la perception du risque associé au continent africain. Il a notamment relevé le rôle des agences de notation, particulièrement attentives à la stabilité et à la prévisibilité des politiques publiques.

De leur côté, les gouverneurs africains ont mis l’accent sur plusieurs priorités jugées essentielles pour accélérer la transformation économique du continent. Les discussions ont notamment porté sur le développement de l’agro-industrie, le financement des micro, petites et moyennes entreprises, l’intégration dans les chaînes de valeur régionales et mondiales, la mobilisation des ressources intérieures ainsi que le renforcement de la formation professionnelle.

Face à la diminution des ressources traditionnelles d’aide au développement, les participants ont également évoqué la nécessité de diversifier les sources de financement afin de soutenir les investissements productifs et les programmes sociaux.

Dans cette perspective, Ajay Banga a exhorté les gouverneurs africains à soutenir activement la mobilisation des ressources de l’Association internationale de développement (IDA) dans le cadre du futur cycle IDA22.

Korotoumou Sylla

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