Le ministre du Plan et du Développement, Dr Souleymane Diarrassouba, a appelé le Groupe de la Banque mondiale à renforcer la prise en compte des priorités nationales dans la conception et la mise en œuvre de ses interventions. Une démarche qu’il estime indispensable pour garantir une meilleure adéquation entre les financements accordés et les besoins réels exprimés par les États.
Cette position a été défendue le 14 octobre 2026 à Bangkok, en Thaïlande, lors de la session du Groupe Afrique II organisée en marge des Assemblées annuelles du Groupe de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI).
Présidés par la ministre gabonaise de la Planification et de la Prospective, Louise Pierrette Mvono, les travaux ont réuni les gouverneurs représentant les pays de la circonscription Afrique II autour de plusieurs thématiques majeures, notamment la gouvernance du Groupe de la Banque mondiale, l’efficacité de ses interventions financières et les principaux défis de développement auxquels restent confrontées les économies africaines.
À cette occasion, Dr Souleymane Diarrassouba a souligné la nécessité pour les institutions financières internationales de mieux intégrer les stratégies nationales de développement dans leurs mécanismes d’intervention. Pour la Côte d’Ivoire, cette exigence revêt une importance particulière dans le cadre de la mise en œuvre du Plan national de développement (PND) 2026-2030, principal référentiel de l’action gouvernementale pour les cinq prochaines années. Le ministre ivoirien a salué les réformes structurelles engagées par le Groupe de la Banque mondiale ainsi que l’importante mobilisation financière annoncée en juillet 2026 lors du Groupe consultatif consacré au financement du PND. À cette occasion, quelque 17 milliards de dollars avaient été annoncés en soutien aux ambitions de développement de la Côte d’Ivoire.
Selon lui, ces engagements témoignent de la confiance des partenaires techniques et financiers envers la trajectoire économique du pays. Ils mobilisent l’ensemble des instruments du Groupe de la Banque mondiale, notamment ceux de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), de l’Association internationale de développement (IDA), de la Société financière internationale (IFC) et de l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA).
Les échanges ont également porté sur les mécanismes innovants de gestion de la dette, en particulier les opérations de conversion de créances en programmes de développement. Sur ce sujet, Dr Souleymane Diarrassouba a proposé de partager l’expérience ivoirienne, largement saluée par plusieurs partenaires, à la suite d’une opération de conversion de dette de 400 millions d’euros destinée au financement du secteur de l’éducation.
Au-delà des questions financières, les gouverneurs ont insisté sur la nécessité d’orienter davantage les interventions du Groupe de la Banque mondiale vers la création d’emplois durables. Ils ont notamment plaidé en faveur du développement de l’industrie manufacturière, considérée comme un moteur essentiel de transformation structurelle des économies africaines, ainsi que d’un accompagnement accru du secteur privé afin de favoriser l’investissement productif et l’entrepreneuriat.
Les discussions ont également mis en lumière plusieurs priorités stratégiques pour le continent, notamment le développement des infrastructures, le renforcement des capacités énergétiques, la mobilisation des ressources intérieures, l’approfondissement des marchés de capitaux et la préparation de la reconstitution des ressources de l’IDA22, instrument clé de financement en faveur des pays à faible revenu.
Profitant de cette tribune, le ministre ivoirien a rendu un hommage appuyé à Harold Tavares, administrateur sortant de la circonscription Afrique II, pour sa contribution au rayonnement et à la défense des intérêts des pays membres au sein du Groupe de la Banque mondiale. Il a, dans le même élan, réaffirmé le soutien de la Côte d’Ivoire à sa successeure, Marlène Suzie Nzengou.
Le bilan présenté au cours de la rencontre illustre l’ampleur des interventions du Groupe de la Banque mondiale dans la circonscription Afrique II. Celui-ci fait état de 9 milliards de dollars d’engagements de l’IDA, de 153 projets approuvés et de 4,6 milliards de dollars d’investissements réalisés par l’IFC. Il ressort également que 20 des 23 pays composant le Groupe Afrique II sont éligibles à l’IDA-21, dont l’enveloppe de reconstitution atteint 100 milliards de dollars.
Fatoumata Traoré
