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Ghana: Accra envisage de rejoindre les BRICS en tant que pays partenaire pour diversifier ses alliances économiques

Le Ghana pourrait prochainement franchir une nouvelle étape dans sa stratégie diplomatique et économique. Le gouvernement a annoncé son intention de solliciter le statut de pays partenaire des BRICS, un regroupement qui réunit plusieurs des principales économies émergentes du monde. Une orientation qui, selon les autorités ghanéennes, s’inscrit dans une logique de diversification des partenariats sans remise en cause des relations traditionnelles du pays avec ses alliés occidentaux.

S’exprimant le samedi 10 octobre 2026 dans l’émission Key Points diffusée sur TV3, le ministre des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, a confirmé que le Ghana préparait une demande d’adhésion au bloc des BRICS en qualité de pays partenaire.

Selon le chef de la diplomatie ghanéenne, cette démarche est le prolongement naturel des excellentes relations déjà entretenues par Accra avec plusieurs membres du groupe, devenu au fil des années un acteur incontournable de l’économie mondiale et de la coopération entre pays émergents.

Créés initialement autour du Brésil, de la Russie, de l’Inde, de la Chine et de l’Afrique du Sud, les BRICS ont progressivement élargi leur influence avec l’intégration de nouveaux membres tels que l’Égypte, l’Éthiopie, l’Indonésie, l’Iran, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis.

Pour le Ghana, rejoindre ce cercle en tant que partenaire représenterait une opportunité stratégique de renforcer ses échanges commerciaux, d’accéder à de nouvelles sources d’investissement et de consolider sa coopération avec certaines des économies les plus dynamiques du monde en développement. Le ministre estime que cette orientation permettra au pays de s’intégrer davantage dans un espace économique qui joue un rôle croissant dans le commerce international, les investissements et les financements du développement.

Face aux interrogations suscitées par ce rapprochement avec les BRICS, notamment quant à ses conséquences sur les relations du Ghana avec ses partenaires traditionnels occidentaux, Samuel Okudzeto Ablakwa a tenu à rassurer. Selon lui, cette décision ne constitue ni un changement d’alliance ni une prise de distance vis-à-vis des partenaires historiques du pays. Au contraire, elle s’inscrit dans la tradition diplomatique de non-alignement qui caractérise depuis longtemps la politique étrangère ghanéenne.

Le ministre a rappelé que cette approche avait déjà permis au Ghana de développer des partenariats diversifiés dans plusieurs secteurs stratégiques, notamment dans le domaine énergétique. Il a notamment cité le programme nucléaire ghanéen, affirmant que cette politique indépendante avait facilité le lancement du Ghana Nuclear Reactor Project (GNRP) dès 2006.

Le chef de la diplomatie ghanéenne a également au cours de cet entretien indiqué que cette orientation n’avait pas été décidée de manière unilatérale. Avant l’annonce officielle, des échanges auraient eu lieu avec plusieurs partenaires internationaux, notamment au sein de l’Union européenne, afin d’expliquer la démarche du Ghana.

Accra a ainsi présenté son projet comme l’exercice légitime de son droit à diversifier ses options stratégiques en matière de développement économique et de coopération internationale.

Selon le ministre, cette ouverture vers les BRICS ne traduit aucune volonté de rupture ou de désengagement à l’égard des partenaires traditionnels du pays, mais plutôt la recherche de nouvelles opportunités susceptibles de soutenir les ambitions nationales de développement.

Cette initiative intervient dans un contexte où plusieurs pays africains cherchent à élargir leurs partenariats économiques face aux mutations de l’ordre mondial.

Souleymane Coulibaly

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