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Burkina Faso: 4 200 milliards de recettes, 4 800 milliards de dépenses pour le budget 2027

Le Conseil des ministres du Burkina Faso, réuni le jeudi 8 octobre sous la présidence du capitaine Ibrahim Traoré, a franchi une étape décisive en adoptant l’avant-projet de loi de finances pour l’exercice 2027. Ce texte, véritable colonne vertébrale de la politique économique nationale, sera prochainement transmis à l’Assemblée législative du Peuple pour examen et adoption.

Le budget 2027 présenté par Dr Aboubakar Nacanabo, Ministre de l’Économie et des Finances  se chiffre à 4 200 milliards FCFA de recettes contre 4 800 milliards FCFA de dépenses. Ce différentiel traduit un déficit budgétaire que le gouvernement entend combler par une mobilisation accrue des ressources internes et externes, mais aussi par une rationalisation des dépenses publiques. L’objectif affiché est clair : maintenir la trajectoire de croissance tout en consolidant la stabilité macroéconomique.

Conformément au plan R.E.L.A.N.C.E., le budget 2027 se présente comme un véritable instrument de transformation structurelle de l’économie burkinabè. Dans le domaine agricole, il prévoit un soutien accru aux producteurs, avec une volonté affirmée de mécaniser et de moderniser les filières afin de renforcer la productivité et d’assurer la sécurité alimentaire. Sur le plan industriel, l’accent est mis sur l’encouragement des unités de transformation locales, dans l’objectif de réduire la dépendance du pays vis-à-vis des importations et de créer une valeur ajoutée nationale.

En matière de défense nationale, le budget consacre des ressources importantes au renforcement de l’équipement des Forces Armées, garantissant ainsi une meilleure sécurisation du territoire et une réponse plus efficace aux défis sécuritaires. Pour les secteurs sociaux de base, il prévoit une amélioration substantielle de l’éducation, de la santé et des infrastructures communautaires, afin d’élever le niveau de vie des populations et de consolider la cohésion sociale.

Sous l’impulsion du ministre de l’Économie et des Finances, Dr Aboubakar Nacanabo, l’avant-projet de loi de finances 2027 introduit une série d’allègements fiscaux ciblés qui traduisent une volonté de stimuler des secteurs stratégiques de l’économie nationale.

Ainsi, des exonérations sur la vente des œufs sont prévues afin de renforcer la filière avicole, considérée comme un levier essentiel pour la sécurité alimentaire et la création d’emplois ruraux. Parallèlement, des réductions fiscales pour les agences de voyages visent à redynamiser le secteur touristique, fortement impacté par les crises sécuritaires et économiques, mais porteur d’un potentiel de croissance et de diversification. Enfin, des ajustements pour les sociétés d’État s’inscrivent dans une logique de compétitivité et de performance, en leur offrant une marge de manœuvre accrue pour améliorer leur rentabilité et leur gouvernance. Toutes ces mesures s’intègrent dans une révision du Code général des impôts, avec pour ambition de rendre le système fiscal plus attractif, plus équitable et mieux adapté aux réalités économiques du Burkina Faso.

Au-delà des chiffres, ce projet de loi de finances incarne une volonté politique : celle de bâtir un Burkina Faso résilient, capable de transformer ses défis en opportunités. En misant sur l’agriculture, l’industrie et la sécurité, tout en allégeant la pression fiscale sur des secteurs stratégiques, le gouvernement cherche à créer un cercle vertueux de croissance inclusive. Cet avant-projet de loi de finances 2027 illustre donc une ambition : relancer l’économie nationale tout en renforçant la cohésion sociale et la souveraineté économique.

Fatoumata Traoré

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