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République Centrafricaine: Bangui veut devenir le carrefour financier de l’Afrique Centrale avec les Bangui Financial Days

La République Centrafricaine affiche une ambition sans équivoque : franchir un cap et s’imposer comme un carrefour majeur du dialogue, de la décision et de l’innovation financière en Afrique Centrale. Cette ambition a pris corps ce jeudi 1er octobre 2026 avec l’ouverture officielle à Bangui des Bangui Financial Days, rencontre de haut niveau placée sous la très haute impulsion du Président de la République, le Professeur Faustin-Archange Touadéra. Financiers, banquiers, assureurs, investisseurs, régulateurs, entrepreneurs et acteurs de la fintech venus de toute la sous-région y sont réunis autour d’une même conviction : remettre la finance au cœur de la transformation productive du pays et, plus largement, de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC).

En ouvrant les travaux, le Ministre des Finances et du Budget, Hervé Ndoba, a donné le ton, ferme et résolument opérationnel. Pour le gouvernement centrafricain, ces journées ne sauraient se réduire à une succession de panels académiques : elles se veulent une plateforme d’action concrète. L’objectif est limpide : chaque maillon de la chaîne de financement doit apporter des réponses opérationnelles aux difficultés persistantes qui freinent le développement : l’accès au crédit, la mobilisation de l’épargne intérieure, le financement des entreprises et la sécurisation de l’investissement. La question posée par le Ministre est stratégique : comment transformer un système financier encore porté à conserver ses liquidités en un véritable moteur de production, d’investissement et d’emplois ? Derrière cette interrogation se profile une véritable ambition de souveraineté économique. Dans un pays où les besoins restent immenses infrastructures, énergie, agriculture, agro-industrie, BTP, numérique –, l’enjeu est d’orienter davantage de crédits et de capitaux vers les secteurs créateurs de valeur. Il s’agit, en somme, de rapprocher la sphère financière de l’économie réelle et de jeter les passerelles qui manquent encore entre les ressources disponibles et les projets productifs.

Pour concrétiser cette vision, le Ministre a mis en avant un instrument clé de cette stratégie : le Fonds National de Garantie et d’Investissement. En instaurant un partage intelligent du risque entre les entrepreneurs, les banques et l’État, ce mécanisme vise à lever l’un des principaux verrous du financement en Centrafrique : l’insuffisance des garanties. Un verrou qui frappe de plein fouet les Très Petites, Petites et Moyennes Entreprises (TPE/PME), pourtant premier vivier d’activités, de revenus et d’emplois du pays. Ces entreprises demeurent trop souvent tenues à l’écart des circuits classiques en raison d’une faible formalisation, d’une comptabilité fragile, de garanties limitées et d’un coût du crédit prohibitif. L’objectif affiché est clair : faire passer les PME centrafricaines d’une logique de survie à une trajectoire de consolidation, de compétitivité et de durabilité. La formalisation apparaît ici comme décisive, véritable clé d’accès aux banques, aux assurances, aux marchés publics et, demain, au marché régional des capitaux.

Alassane Guindo

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