L’exécution du budget de l’Union des Comores fait ressortir une situation budgétaire globalement maîtrisée et en nette amélioration. Selon les données officielles de la Direction Générale du Budget, l’État affiche une discipline exemplaire avec des dépenses exécutées à hauteur de 98,15%, tandis que les financements extérieurs explosent, notamment en faveur du Plan d’Investissement Public (PIP).Le déficit est contenu, la confiance des bailleurs est au rendez-vous, mais les fragilités structurelles sur les recettes intérieures demeurent.
Selon les données du Ministère des Finances, du Budget et du Secteur Bancaire de l’Union des Comores, entre avril et juin 2026, l’État comorien a mobilisé 33,2 milliards de francs comoriens (FC) de recettes et dons, pour 34,12 milliards de FC de dépenses. Le déficit budgétaire du trimestre s’établit ainsi à seulement 916,8 millions de FC, un chiffre nettement inférieur à celui enregistré au deuxième trimestre 2025. Une performance qui traduit une meilleure maîtrise des équilibres macroéconomiques.
Au deuxième trimestre, les recettes totales dépassent les prévisions avec 33,2 milliards de FC, soit 102,76% de l’objectif. Cette surperformance est exclusivement portée par la solidarité internationale. Les ressources extérieures atteignent 16,91 milliards de FC, soit 144,49% de l’objectif, principalement grâce aux dons destinés aux investissements publics. Un signal fort de la crédibilité retrouvée des Comores auprès de ses partenaires. Les recettes intérieures, en revanche, sont insuffisantes : 16,29 milliards de FC, soit seulement 79,05% de la prévision, en baisse de 11,48% par rapport au même trimestre de 2025.Dans le détail des recettes intérieures, les recettes fiscales représentent l’essentiel avec 14,38 milliards de FC. Fait notable : les impôts sur les revenus et bénéfices dépassent l’objectif à 116,81%, témoignant d’une meilleure collecte. À l’inverse, les recettes issues du commerce international et des droits d’accises restent inférieures aux prévisions, pénalisées notamment par le contexte de ralentissement mondial marqué par la guerre au Proche-Orient.
Côté dépenses, la discipline est de mise. L’État a exécuté 34,12 milliards de FC sur une prévision de 34,76 milliards, soit un taux d’exécution remarquable de 98,15%.Les dépenses courantes primaires atteignent 15,51 milliards de FC, dont 8,19 milliards de FC consacrés aux traitements et salaires, correspondant à 86,65% de la prévision trimestrielle. Point positif : ces dépenses salariales sont en légère baisse de 1,35% par rapport au T2 2025, signe d’un début de maîtrise de la masse salariale.
Souleymane Coulibaly
