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RDC: le COPIRAP révèle 1 072 taxes et plus de 3 500 milliards FC de recettes

Le chantier de l’assainissement du climat des affaires en République Démocratique du Congo franchit une étape décisive. La semaine dernière, au Centre Financier de Kinshasa, le Comité de Pilotage de la Commission permanente interministérielle chargée de la rationalisation de la parafiscalité (COPIRAP) s’est réuni pour examiner les résultats provisoires, mais déjà édifiants, de la grande mission de collecte des données sur la parafiscalité.

L’opération, menée du 2 au 20 mars 2026 par une task-force de 96 experts chevronnés des Ministères du Budget et des Finances, a ratissé large. Sur 405 organismes publics ciblés établissements publics, services d’assiette, fonds spéciaux  380 ont été effectivement visités et audités, soit un taux de couverture remarquable de 94%. Seules 25 structures n’ont pu être physiquement localisées, illustrant déjà une part de l’opacité du système. Le dépouillement de cette masse de données a permis de dresser un premier état des lieux vertigineux : 1 072 actes générateurs de recettes parafiscales ont été recensés à ce stade. Plus de mille taxes, redevances, frais et ponctions diverses qui s’empilent et pèsent sur les ménages et les entreprises.

Côté recettes, les chiffres donnent le tournis, même s’ils restent provisoires : En 2023 : environ 1,2 milliard de dollars, soit 2 586,7 milliards de Francs congolais en 2022 : 1,3 milliard de dollars ; pour 2024 : 3 523,5 milliards de Francs congolais sont déjà comptabilisés. Une manne considérable qui échappe en grande partie au Budget Général de l’État et alimente des circuits parallèles.

Mais au-delà du simple recensement, l’enjeu est désormais qualitatif et politique : identifier les actes à maintenir, ceux à fusionner pour plus de cohérence, et surtout ceux à purement et simplement supprimer. Le rapport pointe déjà du doigt des actes emblématiques de la tracasserie administrative, notamment : certains actes liés aux activités de l’ONEM (Office National de l’Emploi) ; les prélèvements sur le contrat de travail ; le visa des offres d’emploi ou encore la carte de travail pour les étrangers. Autant de prélèvements qui renchérissent le coût du travail et découragent l’investissement formel, et qui pourraient relever directement du Budget Général de l’État pour plus de transparence.

Nana Touré

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