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UEMOA: 11 177 milliards FCFA levés en 6 mois, la dette frôle les 100 000 milliards

Au cours des six premiers mois de l’année 2026, les huit États de l’UEMOA ont maintenu une forte dépendance aux ressources extérieures pour boucler leurs budgets. Le dernier rapport de la BCEAO sur la politique monétaire est formel : 740,7 milliards de FCFA ont été injectés par le FMI entre janvier et juin, au profit de six pays de l’Union, dans le cadre de leurs programmes respectifs.

La répartition est extrêmement déséquilibrée. La Côte d’Ivoire s’arroge à elle seule 480,3 milliards FCFA, soit près de 65% du total décaissé par le Fonds dans la zone sur la période. Loin derrière, on retrouve le Burkina Faso avec 78,2 milliards, le Bénin avec 65,6 milliards et le Togo avec 63,1 milliards. Le Niger a perçu 50,7 milliards, quand la Guinée-Bissau n’a reçu que 2,7 milliards FCFA. Une cartographie qui confirme le poids prépondérant d’Abidjan dans les programmes du FMI en Afrique de l’Ouest.

Le guichet FMI n’est pas le seul levier extérieur activé. Deux États ont brillamment joué la carte des marchés de capitaux internationaux. Au total, 1 297,5 milliards FCFA ont été levés en Eurobonds et Sukuk. Le Bénin a ouvert le bal en janvier avec une opération double de 474,3 milliards FCFA, associant avec ingéniosité un Eurobond de 350 millions de dollars à un Sukuk souverain de 500 millions de dollars. Un mois plus tard, en février, la Côte d’Ivoire a levé 823,2 milliards FCFA en Eurobonds. En cumulant l’appui du FMI et ces émissions internationales, l’UEMOA a mobilisé 2 038,2 milliards FCFA de ressources extérieures au premier semestre.

Mais c’est encore le marché régional des titres publics qui reste le premier pourvoyeur de liquidités. Selon le rapport, de janvier à juin 2026, les États ont levé 9 139,5 milliards FCFA sur le Marché des Titres Publics (MTP), soit une progression de 11,8% (+967,2 milliards) en glissement annuel. On assiste à une mutation profonde de la stratégie d’émission : les États privilégient massivement la dette longue. Les obligations ont bondi de 63% pour atteindre 7 321,8 milliards, représentant désormais 80,1% du total levé. En contrepartie, les Bons du Trésor, à courte maturité, s’effondrent de 50,6% à 1 817,7 milliards FCFA. Les Trésors veulent allonger et sécuriser leur dette.

Conséquence logique de cette intense mobilisation, l’encours de dette continue de grimper. Le rapport indique à fin juin 2026, la dette publique totale de l’UEMOA est estimée à 97 625,9 milliards FCFA, contre 92 723 milliards un an plus tôt. Une hausse de 4 902,9 milliards (+5,3%) en douze mois. Le seul encours sur le marché régional atteint 35 502 milliards FCFA (+18,3%), composé à 92,1% d’obligations. Pourtant, la dynamique est vertueuse. Grâce à une croissance plus soutenue, le taux d’endettement recule : il passe de 62,5% du PIB à fin juin 2025 à 60,9% à fin juin 2026. Pour l’ensemble de l’année 2026, la BCEAO anticipe un ratio contenu à 63,6% contre 63,3% en 2025.

Souleymane Coulibaly

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