Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le vendredi 18 septembre 2026, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence du Général d’Armée Assimi Goïta, Président de la Transition. Au cœur de cette session d’une importance capitale pour la trajectoire de l’État, un seul dossier a cristallisé l’attention : sur le rapport du ministre d’État, ministre de l’Économie et des Finances, le Conseil des Ministres a adopté le projet de loi portant loi de Finances pour l’exercice 2027. C’est l’acte fondateur qui dessine le Mali de demain, en temps de souveraineté retrouvée.
Selon le communiqué du Conseil, ce projet de loi de Finances pour l’exercice 2027 est préparé en application de la Loi n°2025-038 du 15 août 2025 portant loi organique relative aux lois de Finances. Une loi organique de nouvelle génération qui impose plus de transparence, de sincérité budgétaire et de pluriannualité, rompant avec les budgets de reconduction.
Le Budget de l’État 2027 qui sera soumis au Conseil National de Transition (CNT) dès la rentrée parlementaire d’octobre affiche des masses budgétaires en forte expansion, traduisant à la fois l’ambition et la contrainte d’un État en guerre et en reconstruction.
Ainsi les prévisions des recettes budgétaires pour l’exercice 2027 s’élèvent à 3 866,635 milliards de Francs CFA contre 3 372,895 milliards de Francs CFA dans la loi de Finances rectifiée 2026, soit une augmentation substantielle de 493,740 milliards de Francs CFA, correspondant à une hausse de 14,64%.Cette progression à deux chiffres n’est pas anodine. Elle est le signe d’une stratégie assumée : élargir l’assiette fiscale, améliorer le rendement des services des impôts et des douanes, et surtout capter davantage les dividendes de la souveraineté retrouvée sur les ressources naturelles – or, lithium, et redevances minières renégociées.
Les prévisions des dépenses budgétaires pour l’exercice 2027 s’élèvent à 4 462,646 milliards de Francs CFA contre 3 993,319 milliards de Francs CFA dans la loi de Finances rectifiée 2026, soit une hausse de 469,326 milliards de Francs CFA correspondant à une progression de 11,75%.
Les dépenses progressent moins vite que les recettes. C’est la marque d’une gestion qui cherche à concilier l’effort de guerre, la satisfaction des besoins sociaux et la discipline.
Le Budget de l’État 2027 présente un déficit de 596,011 milliards de Francs CFA contre 620,425 milliards de Francs CFA dans la loi de Finances rectifiée 2026, soit une baisse de 3,93%. Selon certains économistes, c’est la première fois depuis trois exercices, le déficit se contracte en valeur absolue, malgré une hausse des dépenses. Pour eux c’est la preuve comptable que l’État malien parvient à financer une part croissante de ses ambitions par ses propres ressources.
« Pendant des années, le budget malien était caractérisé par un déficit qui se creusait inexorablement. En affichant une croissance des recettes (+14,64%) supérieure à celle des dépenses (+11,75%) et en réduisant le déficit, le gouvernement de Transition envoie un signal de crédibilité puissant à la BCEAO, à la BOAD et aux investisseurs du marché régional. Il démontre que la refondation peut rimer avec orthodoxie budgétaire. C’est l’application concrète de la loi organique de 2025 qui impose le réalisme des prévisions », souligne un économiste gestionnaire.
Avec ce Budget 2027, l’Hôtel des finances du Mali ne présente pas un simple tableau comptable. Il présente une doctrine : dépenser plus pour affirmer la souveraineté.
Souleymane Coulibaly
