ECONOMIESEconomiesGhana: Mahama impose une gouvernance axée sur la performance aux entreprises publiques

Ghana: Mahama impose une gouvernance axée sur la performance aux entreprises publiques

Le Président John Dramani Mahama a adressé un avertissement clair aux dirigeants des entreprises d’État (SOEs) : désormais, la compensation exécutive, les mandats opérationnels et le soutien gouvernemental seront conditionnés à des résultats tangibles et vérifiables. Cette déclaration marque une volonté ferme de lier la rentabilité et la qualité des services publics à la responsabilité des équipes dirigeantes.

Le chef de l’État a souligné que les entités non performantes ne seront plus autorisées à augmenter les salaires ou les primes des cadres dirigeants. Les revenus excédentaires devront être réorientés vers le paiement de dividendes à l’État, plutôt que vers des avantages exécutifs. Cette mesure traduit une volonté de rationaliser la gestion des ressources publiques et de mettre fin aux pratiques jugées improductives.

Le Président Mahama a reconnu les améliorations récentes dans le rendement financier des SOEs, tout en insistant sur la nécessité de maintenir ces acquis sur le long terme. Le secteur a en effet connu une transformation spectaculaire : d’une perte de 2,26 milliards de GH¢ en 2024, les entreprises publiques sont passées à un bénéfice net de 19,8 milliards de GH¢ en 2025. Cette progression remarquable a été attribuée par le directeur général de la State Interests and Governance Authority (SIGA), le professeur Michael Kpessa-Whyte, à une application plus stricte des normes de responsabilité et de gouvernance.

La nouvelle orientation affichée par les autorités traduit une volonté politique claire de réformer en profondeur la gouvernance des entreprises publiques. Trois axes majeurs structurent cette démarche. D’abord, une responsabilité accrue est exigée des dirigeants, qui devront désormais rendre compte de leurs performances à travers des indicateurs précis et mesurables, garantissant une transparence renforcée dans la gestion.  L’accent est mis sur une rentabilité durable, où la priorité n’est plus la rémunération des élites dirigeantes mais bien la création de valeur au bénéfice de l’État et des citoyens, afin d’assurer une redistribution plus équitable des richesses. Le service public doit être consolidé : l’objectif est d’améliorer la qualité des prestations offertes aux populations, en alignant les ressources disponibles sur les besoins réels, pour répondre efficacement aux attentes sociales.

Au-delà des chiffres, cette politique illustre une volonté de réinstaurer la confiance entre l’État, les citoyens et les entreprises publiques. Elle s’inscrit dans une logique de discipline budgétaire et de transparence, essentielle pour attirer les investisseurs et consolider la stabilité économique du Ghana.

En conditionnant les avantages exécutifs à la performance, le Président Mahama envoie un signal fort : les entreprises publiques doivent devenir des leviers de développement et non des charges pour l’État. Cette réforme, si elle est appliquée avec rigueur, pourrait transformer durablement le paysage économique ghanéen et servir de modèle de gouvernance pour d’autres pays de la région.

Khadidiatou Maïga

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