À la suite de l’audit des finances publiques mené en 2024, qui a révélé l’ampleur des déséquilibres budgétaires et la fragilité du profil de la dette, le gouvernement sénégalais a engagé une série de réformes destinées à rétablir un cadre macro-budgétaire sain. Ces mesures, axées sur la gouvernance et la transparence, ont permis de réduire le déficit budgétaire de 13,4 % du PIB en 2024 à 6,4 % en 2025, marquant un tournant dans la trajectoire des finances publiques.
Malgré des chocs économiques successifs, l’économie sénégalaise a affiché une résilience notable, avec une croissance du PIB réel de 6,5 % en 2024 et 6,7 % en 2025, portée par la montée en puissance des hydrocarbures. Toutefois, en 2026, cette dynamique s’est essoufflée : la guerre au Moyen-Orient a pesé sur les dépenses énergétiques et l’investissement, réduisant la croissance projetée à 2,7 %. Cette contraction souligne la vulnérabilité du pays face aux aléas externes et la nécessité de consolider les marges de manœuvre budgétaires.
Face à ces défis, le gouvernement a décidé d’engager une étape décisive avec le Plan de Traitement de la Dette du Sénégal (PTDS), une initiative souveraine conçue pour restaurer durablement la viabilité de la dette. Ce plan vise à : Réduire le poids du service de la dette sur le budget de l’État.
Dégager des marges de manœuvre pour financer les investissements publics, notamment dans les secteurs sociaux. Réorienter les ressources vers l’apurement des arriérés dus au secteur privé, afin de soutenir la trésorerie des entreprises et préserver l’emploi.
Le Ministère de l’Économie, des Finances et du Planque explique la dette libellée en francs CFA restera en dehors du champ du PTDS, en raison du rôle stratégique du marché régional de l’UEMOA dans le financement de l’État.
Le PTDS s’inscrit dans une logique de coopération renforcée avec les partenaires financiers. Le Sénégal a annoncé son intention de recourir au Cadre Commun du G20, dans une version améliorée, afin de garantir : Un calendrier resserré de mise en œuvre. Un partage précoce et renforcé de l’information auprès des créanciers. Des consultations parallèles avec l’ensemble des parties prenantes. Cette approche vise à adapter le mécanisme international aux spécificités de la dette sénégalaise et à accélérer la réalisation des ambitions gouvernementales en matière de repriorisation budgétaire.
Au-delà de la gestion de la dette, le PTDS aura des effets structurants sur l’économie : Réduction des besoins de refinancement, limitant l’exposition aux marchés internationaux. Réinjection de ressources dans le circuit économique, améliorant la liquidité des entreprises. Renforcement de la confiance des investisseurs et des partenaires financiers.
Le gouvernement réaffirme ainsi son engagement à préserver la dynamique de croissance, à soutenir les priorités sociales et à consolider les capacités de financement de l’économie.
Le lancement du PTDS marque une étape charnière dans la stratégie budgétaire du Sénégal. En combinant rigueur, transparence et coopération internationale, Dakar entend restaurer la viabilité de sa dette et créer les conditions d’un retour à une croissance durable et inclusive. Le succès de ce plan dépendra de la discipline budgétaire, de la mise en œuvre effective des réformes et de la capacité du pays à transformer cette initiative en levier de confiance et de prospérité.
Fatoumata Traoré
