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Le sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai: l’Iran mise sur Pékin, Moscou et New Delhi pour diversifier ses partenariats

Les 31 août et 1er septembre 2026, la ville de Bichkek, capitale du Kirghizistan, a accueilli le 26ᵉ sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS). Cet événement, qui coïncidait avec le 25ᵉ anniversaire de l’organisation, a réuni les dix États membres dont la Chine, la Russie, l’Inde, l’Iran et le Pakistan ainsi qu’un large éventail de pays partenaires et invités au format élargi (SCO+).

Créée en 2001, l’OCS s’est progressivement imposée comme une plateforme de concertation eurasienne. Contrairement à l’OTAN, elle ne constitue pas une alliance militaire mais un cadre de coopération fondé sur le consensus. Le sommet de Bichkek a confirmé cette vocation : offrir un espace de dialogue sur les questions de sécurité, de développement et de gouvernance mondiale, en dehors des institutions dominées par l’Occident.

Le sommet a été marqué par des discussions sur les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient, ainsi que sur les tensions entre l’Iran et les États-Unis. Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, invité d’honneur, a exhorté les dirigeants à « mettre fin à la folie des guerres » et à renforcer un monde multipolaire plus représentatif des pays en développement.

La rencontre a également permis de réaffirmer le partenariat stratégique sino-russe, notamment autour de projets énergétiques comme le gazoduc vers la Chine. L’Iran, nouvel entrant dans l’organisation, a profité du sommet pour consolider ses alliances avec Pékin, Moscou et New Delhi.

Un fait marquant de ce sommet fut la participation du Togo, invité au format SCO+. Le président Faure Gnassingbé a mis en avant la stratégie de diversification diplomatique de son pays et son rôle de hub logistique en Afrique de l’Ouest. Cette ouverture illustre la volonté de l’OCS d’élargir son influence au continent africain, en proposant des opportunités de coopération économique et technologique.

Le sommet de Bichkek confirme que l’OCS est désormais un acteur incontournable de la gouvernance mondiale. En rassemblant des puissances régionales autour d’une vision multipolaire, elle cherche à offrir une alternative aux institutions traditionnelles. Toutefois, son fonctionnement par consensus limite sa capacité d’action rapide, mais lui confère une flexibilité diplomatique appréciée par ses membres.

Pour l’Afrique, cette ouverture représente une nouvelle fenêtre stratégique : accès à des financements, partenariats technologiques et diversification des alliances. Pour l’Eurasie, elle traduit une volonté de bâtir un ordre international moins polarisé et plus inclusif.

Le 26ᵉ sommet de l’OCS à Bichkek a marqué une étape symbolique et stratégique : célébration des 25 ans de l’organisation, affirmation de la multipolarité et élargissement vers l’Afrique. Dans un contexte mondial traversé par des crises sécuritaires et économiques, l’OCS s’impose comme une plateforme de dialogue et de coopération, porteuse d’une vision alternative de l’ordre international.

Moussa Traoré

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