En 2022, 53 % des emplois de l’UEMOA étaient directement liés à l’agriculture, confirmant le rôle central de ce secteur dans l’économie régionale. Pourtant, cette importance ne masque pas les défis persistants : rendements faibles, mécanisation limitée, financements insuffisants, exposition aux aléas climatiques et une forte dépendance aux importations de produits de base.
La situation est d’autant plus préoccupante que jusqu’à 44 % de la population de l’UEMOA vit une forme d’insécurité alimentaire, avec des taux dépassant 60 % dans certains États membres. Cette fragilité structurelle appelle des réponses intégrées et durables.
Face à ces défis, la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) a inscrit l’agriculture au cœur de son Plan Djoliba… La Suite (2026-2030). L’approche se veut globale, couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur agricole, de la production à la transformation, avec un objectif clair : renforcer la productivité, la résilience et la compétitivité du secteur.
Par le développement des aménagements hydro-agricoles, la sécurisation du foncier, l’accès facilité aux intrants et la promotion de services agricoles innovants.
Grâce à l’accompagnement des exploitations, la formation des producteurs, la mise en place de lignes de crédit agricoles, de mécanismes de garantie et d’assurances climatiques.
En finançant la création et la modernisation d’unités de transformation, ainsi que le développement d’agropoles pour dynamiser les filières locales. Avec le recours au blended finance, combinant ressources concessionnelles et capitaux commerciaux, afin de mobiliser des volumes plus importants et diversifiés.
L’ambition de la BOAD est d’accompagner de manière intégrée les chaînes de valeur agricoles, de la production à la distribution, en apportant à la fois des financements adaptés et une assistance technique ciblée. Cette stratégie vise à transformer durablement l’agriculture ouest-africaine, en la rendant plus compétitive, inclusive et résiliente face aux chocs climatiques et économiques.
Nana Touré
