Le Vice-Premier ministre en charge du Budget, Adolphe Muzito, a ouvert ce mardi, dans son cabinet de travail, une réunion consacrée aux arbitrages des prévisions de recettes en vue de l’élaboration de l’avant-projet de loi de finances 2027. Autour de lui et du Vice-ministre Elysé Bokumwana, se sont succédé les ministres des Mines, des Transports, de l’Environnement, des Postes et Télécommunications ainsi que les représentants du ministère du Portefeuille.
Sous la coordination de la Première ministre Judith Suminwa, les échanges ont porté sur les stratégies de mobilisation accrue des recettes, conformément aux objectifs arrêtés par le gouvernement. Dans un système fiscal déclaratif, un suivi renforcé des administrations auprès des assujettis est jugé indispensable pour augmenter sensiblement les recettes publiques.
Adolphe Muzito a annoncé une réforme majeure : désormais, les missions de contrôle sur le terrain seront prises en charge par le Trésor public, garantissant une meilleure efficacité et une coordination centralisée. Cette décision a été saluée par les administrations, qui y voient un levier pour dépasser les assignations budgétaires.
Le secrétaire général par intérim du ministère des Transports, Nicolas Nkan, s’est réjoui de cette réforme : « Les recettes seront sensiblement augmentées, puisque nous aurons des missions de contrôle sur le terrain, prises en charge par le Trésor public. »
Même satisfaction du côté des Mines. Le ministre Louis Watum a souligné l’importance d’un inspectorat général bien outillé, capable de stopper l’hémorragie financière dans le secteur. Il a insisté sur la nécessité de déployer du personnel, de les équiper et de les motiver afin de maximiser les recettes minières.
Le ministère de l’Environnement, du Développement durable et de l’Économie du climat a également été recadré. Conformément à la vision du Président Félix Tshisekedi, ce portefeuille doit jouer un rôle central dans l’accroissement des recettes, notamment à travers le crédit carbone et une politique offensive dans le secteur. L’objectif fixé est ambitieux : 300 milliards de francs congolais pour le budget 2027.
Le ministre des Postes et Télécommunications a assuré que son département mobilisera davantage, à condition de disposer de moyens suffisants. « Si on nous donne assez de moyens, nous irons au-delà des recettes prévues, comme nous l’avons déjà démontré en 2026 », a-t-il affirmé.
La réunion a confirmé le mot d’ordre fixé par Adolphe Muzito : dépasser les assignations budgétaires pour réaliser le programme du gouvernement. Cette stratégie repose sur trois piliers : un contrôle renforcé sur le terrain, désormais financé par le Trésor public. Un accompagnement sectoriel ciblé, notamment dans les Mines, les Transports et l’Environnement. Une mobilisation accrue des administrations, avec des moyens conséquents pour atteindre et dépasser les prévisions.
En plaçant la mobilisation des recettes au cœur de l’avant-projet de loi de finances 2027, Adolphe Muzito et ses partenaires gouvernementaux entendent donner un nouvel élan à la politique budgétaire nationale. L’efficacité des réformes annoncées dépendra de la capacité des administrations à traduire cette volonté politique en résultats concrets sur le terrain.
Moussa Traoré
