Le Groupe de la Banque mondiale a annoncé l’approbation d’un financement de 160 millions de dollars destiné à élargir l’accès à une électricité fiable, abordable et propre au Togo et en Gambie, tout en renforçant l’intégration énergétique régionale en Afrique de l’Ouest. Ce soutien s’inscrit dans le cadre du Projet régional d’amélioration de l’accès à l’énergie durable (RAISE), mis en œuvre en partenariat avec la CEDEAO, et intégré au Programme régional du marché de l’électricité en Afrique de l’Ouest (REMP).
Selon Franz Drees-Gross, directeur régional de la Banque mondiale pour les infrastructures, RAISE s’attaque aux principaux obstacles à l’accès à l’électricité : coûts élevés, insuffisance des infrastructures et faiblesse des capacités sectorielles. Le projet combine extension des réseaux, réformes structurelles et mobilisation du secteur privé. Il devrait connecter environ 1 million de personnes, ouvrant de nouvelles perspectives économiques et sociales dans les deux pays.
En alimentant ménages, entreprises, exploitations agricoles et services publics, RAISE jouera un rôle de catalyseur de la création d’emplois. Une électricité fiable favorisera la croissance des PME, de l’agro-industrie et des services numériques, tout en réduisant la dépendance au diesel. Les retombées économiques sont estimées à 11 700 emplois par an, dont 2 500 en Gambie et 9 200 au Togo, grâce aux effets directs et indirects. À court terme, la construction et l’extension des réseaux généreront des opportunités supplémentaires et renforceront les compétences locales dans le secteur énergétique.
Le projet s’appuie sur des décennies de coopération régionale ayant déjà permis de construire plus de 4 000 km de lignes de transport interconnectant 14 pays d’Afrique de l’Ouest. Cette infrastructure facilite le commerce transfrontalier de l’électricité et optimise l’utilisation des ressources énergétiques. En intégrant davantage les systèmes nationaux et en développant les énergies renouvelables, RAISE contribue directement à l’ambition de Mission 300, qui vise à raccorder 300 millions de personnes à l’électricité d’ici 2030.
Pour Nathan Belete, directeur des programmes régionaux pour l’Afrique à la Banque mondiale, RAISE illustre « le rôle transformateur de l’électricité dans le développement inclusif de la région ». Il souligne que la coordination régionale et les infrastructures partagées permettent de réduire les coûts, d’accélérer l’électrification et d’apporter des bénéfices tangibles aux économies et aux communautés.
Fatoumata Traoré
