Dans son édition de juin 2026 des Perspectives économiques mondiales, le Groupe de la Banque mondiale met en garde contre des perspectives particulièrement difficiles pour l’économie mondiale, en raison des perturbations liées au conflit au Moyen‑Orient. Les marchés de l’énergie, l’inflation et les coûts d’emprunt sont directement affectés, avec des conséquences plus lourdes pour les économies en développement.
La croissance mondiale devrait s’établir à 2,5 % en 2026, contre 2,9 % en 2025, soit son plus bas niveau depuis la pandémie. Près de deux tiers des pays ont vu leurs prévisions révisées à la baisse depuis janvier. Leur croissance est attendue à 3,6 %, le niveau le plus faible depuis la pandémie.
Selon le rapport, d’ici 2028, la plupart n’auront pas comblé l’écart de revenus avec les économies avancées, un retard qui perdure depuis près d’une décennie. L’inflation mondiale atteint 4,0 %, alimentée par la hausse des prix de l’énergie. Le baril de Brent est attendu en moyenne à 94 dollars, soit une hausse de 36 % par rapport à 2025.
Face à cette situation, le rapport précise que le Groupe de la Banque mondiale mobilise immédiatement jusqu’à 60 milliards USD via ses instruments existants. Si le conflit se prolonge, cette enveloppe pourrait être portée à 100 milliards USD sur 15 mois, afin de soutenir les pays les plus vulnérables.
Le rapport souligne une double urgence : stabiliser les marchés de l’énergie et renforcer les mécanismes de soutien aux économies fragiles. Pour les pays en développement, la combinaison d’une croissance ralentie, d’une inflation élevée et de coûts d’emprunt plus lourds constitue une équation redoutable, nécessitant une mobilisation internationale accrue.
Souleymane Coulibaly
