Le marché des titres publics de l’UEMOA a affiché une forte dynamique au cours de la semaine du 2 au 5 juin 2026, avec trois opérations menées par la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso et le Sénégal. Selon Madis Invest, les États ont sollicité 215 milliards FCFA, mais la demande des investisseurs a largement dépassé les attentes, atteignant 344,7 milliards FCFA. Au final, les Trésors ont retenu 225,5 milliards FCFA, soit un taux de couverture de 160,32 % et un taux d’absorption de 65,42 %, traduisant une sélectivité accrue face au coût du financement.
Toujours d’après Madis Invest, la structure des financements confirme une tendance lourde : les obligations assimilables du Trésor (OAT) dominent avec 190,7 milliards FCFA mobilisés (84,55 % du total), contre seulement 34,8 milliards FCFA pour les bons assimilables du Trésor (BAT) à 364 jours.
Cette orientation traduit la volonté des États de réduire le risque de refinancement lié aux maturités courtes et de lisser le profil de leur dette en privilégiant des échéances de 3 à 7 ans.
Le Sénégal s’est imposé comme le principal animateur du marché avec une levée de 92,51 milliards FCFA sur un objectif de 90 milliards. Selon Madis Invest, le taux d’absorption atteint 95,86 %, signe d’une forte confiance des investisseurs, majoritairement locaux.
Les rendements moyens pondérés ressortent à 7,40 % pour le BAT, 7,98 % pour l’OAT 3 ans, 7,83 % pour l’OAT 5 ans et 7,79 % pour l’OAT 7 ans, des niveaux relativement élevés qui traduisent la prime de risque exigée par le marché.
La Côte d’Ivoire, qui visait 80 milliards FCFA, a finalement retenu 88 milliards FCFA sur une demande de 121,62 milliards FCFA. L’OAT 3 ans a capté 58,8 milliards FCFA avec un rendement de 6,46 %. L’OAT 5 ans a mobilisé 18,6 milliards FCFA à 7,12 %. Le BAT à 364 jours, en revanche, n’a retenu que 10,6 milliards FCFA sur 37,22 milliards FCFA soumis, avec un rendement de 3,70 %, les offres jugées trop coûteuses ayant été écartées. Ces résultats confirment, pour Madis Invest, l’appétit des investisseurs pour les maturités longues.
Le Burkina Faso a suscité un engouement exceptionnel avec 126,56 milliards FCFA de soumissions pour un objectif de 45 milliards FCFA, soit un taux de couverture de 281,25 %.
Cependant, le Trésor est resté strict : il n’a retenu que le montant initialement recherché, rejetant notamment l’intégralité des 51 milliards FCFA proposés sur le BAT à 364 jours. Les ressources mobilisées se sont concentrées sur les OAT, avec des rendements de 7,21 % (3 ans), 7,53 % (5 ans) et 7,39 % (7 ans). Selon Madis Invest, cette configuration traduit la volonté du Trésor burkinabè de limiter son coût d’endettement malgré une demande abondante, mais aussi une perception du risque qui continue d’exiger des rendements élevés.
La dynamique se poursuivra la semaine du 8 au 12 juin 2026, avec de nouvelles émissions prévues : Guinée-Bissau : 15 milliards FCFA. Mali : 50 milliards FCFA. Bénin : 20 milliards FCFA. Togo : 35 milliards FCFA. Le montant total attendu s’élève à 120 milliards FCFA, confirmant, à en croire Madis Invest, l’intensité de l’activité sur le marché régional des titres publics.
Awa Sanogo
