Entre le 12 et le 14 mai 2026, trois opérations d’émission de titres publics ont animé le marché régional de la dette de l’UEMOA. La Guinée-Bissau, le Mali et le Bénin ont sollicité ensemble 85 milliards FCFA. La réponse des investisseurs a été spectaculaire : près de 197 milliards FCFA de soumissions, soit un taux de couverture supérieur à 230 %. Pourtant, les États ont retenu seulement 92 milliards, illustrant une stratégie de sélectivité et de maîtrise des coûts.
La semaine a confirmé l’appétit des investisseurs pour les titres publics de la zone. Les soumissions cumulées ont atteint 196,67 milliards FCFA, soit 231,38 % des besoins exprimés. Toutefois, les Trésors nationaux ont limité leurs levées à 92 milliards FCFA, ramenant le taux d’absorption à 46,78 %. Cette retenue traduit une gestion active de la dette et une volonté de contenir les charges financières. La répartition entre instruments est restée équilibrée : 50,2 % pour les Bons assimilables du Trésor (BAT, 46,16 milliards FCFA) et 49,8 % pour les Obligations assimilables du Trésor (OAT, 45,84 milliards FCFA).
La Guinée-Bissau visait 15 milliards FCFA via des BAT à 356 jours et des OAT à trois ans. L’opération a suscité 32,83 milliards FCFA de soumissions, soit une couverture de 218,85 %. Le Trésor a retenu l’intégralité de son objectif, privilégiant les BAT (rendement : 4,09 %) avec un taux d’absorption de 100 %. Les OAT, en revanche, n’ont été retenus qu’à hauteur de 35,17 %, malgré un rendement attractif de 8,37 %.
Le Mali recherchait 50 milliards FCFA à travers des BAT à un an (rendement : 5,17 %) et des OAT à trois, cinq et sept ans. Les investisseurs ont proposé 68,17 milliards FCFA, soit une couverture de 136,34 %. Le Trésor a finalement retenu 55 milliards FCFA, dépassant son objectif initial, avec un taux d’absorption de 80,68 %. Les OAT à trois ans ont concentré l’essentiel de la demande (plus de 32 milliards FCFA), tandis que l’OAT à sept ans n’a suscité aucune offre. Les rendements des OAT se sont situés entre 7,36 % et 7,86 %.
Le Bénin sollicitait 20 milliards FCFA sur des BAT à 91 et 182 jours. L’opération a généré une demande exceptionnelle de 95,67 milliards FCFA, soit près de cinq fois le montant recherché. Pourtant, seuls 22 milliards FCFA ont été retenus, ramenant le taux d’absorption à 22,99 %. Cette prudence reflète une stratégie visant à contenir les coûts de financement. Les rendements obtenus ont été les plus bas de la semaine : 3,20 % sur le BAT à 91 jours et 3,56 % sur le BAT à 182 jours.
Ces trois opérations illustrent la vitalité du marché régional UMOA-Titres, où la liquidité demeure abondante et la confiance des investisseurs manifeste. Mais elles révèlent aussi une tendance claire : les États privilégient désormais une gestion sélective et disciplinée de leur dette, en arbitrant entre abondance de capitaux et maîtrise des charges financières.
Souleymane Coulibaly
