À la 79ᵉ Assemblée mondiale de la santé à Genève, le Président ghanéen John Dramani Mahama a dénoncé la réduction de l’aide internationale et présenté une réforme majeure du régime national d’assurance maladie (NHIS). Objectif : renforcer l’autonomie financière du système de santé et garantir des investissements durables.
Le chef de l’État a révélé que le Ghana avait perdu 78 millions de dollars américains (67 millions d’euros) après la fermeture par les États-Unis de plusieurs programmes d’assistance. Ces fonds servaient à soutenir des secteurs vitaux : lutte contre le paludisme, santé maternelle et infantile, nutrition, dépistage du VIH et approvisionnement en médicaments. Mahama a souligné que depuis la pandémie de COVID-19, de nombreux pays africains reçoivent moins d’aide sanitaire étrangère, ce qui fragilise leurs systèmes de santé.
Face à cette contraction de l’aide, le Président a exhorté les pays africains à investir davantage dans leurs propres infrastructures sanitaires et à réduire leur dépendance vis-à-vis des financements extérieurs. Selon lui, seule une mobilisation interne permettra de bâtir des systèmes résilients et adaptés aux besoins des populations.
Mahama a annoncé une mesure phare : la suppression du plafond statutaire du fonds d’assurance maladie du NHIS. Ce changement de politique devrait libérer environ 3 milliards de cedis ghanéens supplémentaires pour les investissements dans les soins de santé. Cette réforme vise à élargir la couverture, améliorer la qualité des services et garantir une meilleure équité dans l’accès aux soins.
Le discours de John Mahama à Genève illustre une double dynamique : la nécessité de compenser la baisse de l’aide internationale par des réformes nationales ambitieuses, et la volonté de faire du NHIS un levier central pour la transformation du système de santé ghanéen.
Fatoumata Traoré
