Depuis la nationalisation en 2025 de la Société des Mines de l’Aïr (Somaïr), anciennement filiale du groupe français Orano, le Niger n’a procédé à aucune vente d’uranium sur le marché international selon les autorités nigériennes.
Dans un entretien accordé à la presse, le ministre des Mines, Ousmane Abarchi, a expliqué cette paralysie par les multiples procédures judiciaires engagées par Orano devant les juridictions internationales. Pour Niamey, ces recours s’apparentent à un « harcèlement juridique » destiné à entraver la souveraineté du pays sur ses ressources stratégiques.
La décision de nationaliser la Somaïr s’inscrivait dans un contexte de rupture profonde entre Niamey et Paris. Privé de ses actifs et de ses permis miniers, Orano a multiplié les arbitrages internationaux afin de contester la mesure. Cette bataille judiciaire illustre la volonté du Niger de redéfinir ses relations économiques et de s’émanciper de l’influence française dans le secteur extractif.
Le Niger dispose aujourd’hui d’un stock de plus de 1 800 tonnes de concentré d’uranium, accumulé depuis 2023 et évalué à près de 380 millions de dollars. Bien que des acheteurs potentiels se soient manifestés, une décision d’arbitrage interdit pour l’heure toute transaction, tant que le litige n’a pas été définitivement tranché.
Malgré ces contraintes, les autorités nigériennes affirment être en pourparlers avec de nouveaux partenaires jugés « sérieux », sans dévoiler leur identité. Le gouvernement de transition, dirigé par le général Abdourahmane Tiani, revendique un contrôle total et souverain sur les ressources naturelles, rappelant que l’uranium appartient exclusivement au peuple nigérien.
Ce bras de fer dépasse le seul cadre minier : il symbolise la volonté du Niger de diversifier ses alliances et de renforcer son autonomie économique. Le dénouement de ce contentieux sera déterminant pour l’avenir des revenus miniers du pays, à un moment où Niamey cherche à repositionner ses partenariats sur la scène internationale.
Khadidiatou Maïga
