Lors du Conseil des ministres tenu à Bobo‑Dioulasso le vendredi 24 avril 2026, sous la présidence du Capitaine Ibrahim Traoré, Président du Faso, le ministre de l’Économie et des Finances a présenté deux communications. La première portait sur la mise en œuvre du Fonds de soutien patriotique (FSP), la seconde sur les résultats du rapprochement du fichier de paie avec les registres de personnel des ministères et institutions.
Selon le compte rendu du Conseil des ministres, sur la période 2023‑2025, les encaissements cumulés du FSP atteignent 496,9 milliards F CFA, dépassant largement la prévision initiale de 400 milliards, soit un taux de réalisation de 124,24 %. Cette performance, selon le Conseil repose principalement sur les prélèvements fiscaux et parafiscaux, qui représentent plus de 54 % des ressources. En 2023, le taux de mobilisation s’est établi à 99,33 %. En 2024, il a progressé à 117,12 %.
En 2025, il a culminé à 148,16 %, avec des encaissements de 222,2 milliards F CFA, en hausse de 26,5 % par rapport à 2024.
Au premier trimestre 2026, la dynamique reste soutenue avec 45,3 milliards F CFA mobilisés, soit 22,65 % de l’objectif annuel, en progression de 28,79 % en glissement annuel. Les dépenses engagées s’élèvent à 36,9 milliards F CFA, dont 71,12 % ont déjà été payés. Après trois années de mise en œuvre, le FSP s’impose comme un levier endogène de financement de la sécurité collective.
La seconde communication a porté sur les résultats du rapprochement du fichier de paie de novembre 2025 (207 903 agents rémunérés) avec les registres administratifs. Trois catégories de situations ont été identifiées : 34 901 agents présents dans les registres mais absents du fichier de paie (retraites, détachements, mandats en attente). 193 423 agents retrouvés de manière concordante dans les deux bases. 14 480 agents payés dans le SIGASPE mais non-inscrits dans les registres transmis.
L’analyse a révélé des irrégularités concernant 1 488 agents, dont les salaires ont été suspendus pour des motifs variés (cessations d’activité, décès, retraites, abandons de poste). Par ailleurs, 2 346 agents en stage percevaient indûment des indemnités de terrain.
Les mesures correctives permettent de réaliser des économies annuelles estimées à 2,43 milliards F CFA, pouvant atteindre 5,66 milliards F CFA en incluant l’ajustement des indemnités indûment servies. Les paiements indus identifiés, devant faire l’objet de recouvrement, sont évalués à 919,1 millions F CFA.
Korotoumou Sylla
