Ce lundi 10 novembre 2025, s’ouvre à Belém, au Brésil, la 30e Conférence des Parties sur le climat (COP30), un rendez-vous décisif pour l’avenir de la planète. Pour l’Afrique, cette édition représente un moment charnière. La Banque africaine de développement (BAD) y présente une palette d’outils financiers innovants destinés à soutenir les États africains face aux impacts du changement climatique et à accélérer leur transition énergétique.
Parmi les dix pays les plus vulnérables aux dérèglements climatiques, neuf sont africains. Sécheresses prolongées, inondations récurrentes, cyclones destructeurs. Ces phénomènes extrêmes compromettent les rendements agricoles, aggravent l’insécurité alimentaire et provoquent des migrations climatiques de plus en plus fréquentes.
Selon les estimations de la BAD, le continent perd chaque année entre 7 et 15 % de son PIB en raison des effets climatiques, alors qu’il ne bénéficie que de moins de 3 % des financements climatiques mondiaux. Une injustice structurelle que les dirigeants africains entendent dénoncer à la COP30.
Face à cette urgence, la BAD déploie plusieurs instruments de financement ciblés, conçus pour renforcer la résilience des pays africains. Il s’agit du fonds africain pour le climat destiné à financer des projets d’adaptation dans les zones rurales et les communautés vulnérables, les obligations vertes souveraines pour permettre aux États d’accéder à des capitaux dédiés à la transition énergétique, les garanties de crédit climatique visant à sécuriser les investissements privés dans les infrastructures durables et le mécanisme de financement mixte combinant ressources publiques et capitaux privés pour maximiser l’impact des projets.
Ces outils visent à réduire la dépendance aux financements extérieurs traditionnels, tout en renforçant la souveraineté budgétaire des États africains dans la lutte contre le dérèglement climatique.
La COP30 se donne pour objectif de mobiliser des financements massifs en faveur des économies en développement, tout en garantissant une transition équitable pour les pays les plus exposés. L’Afrique, qui contribue faiblement aux émissions mondiales, revendique une reconnaissance de son droit à un développement durable, fondé sur des solutions locales, inclusives et résilientes.
Souleymane Coulibaly
