À l’occasion de la 21ᵉ Session extraordinaire de l’Assemblée des Présidents des États et de Gouvernement de l’Union africaine, tenue la semaine dernière à Luanda en Angola, le Président ghanéen John Dramani Mahama a livré un message fort à ses pairs. Son intervention a porté sur l’urgence d’approfondir les mécanismes de prévention et de résolution des conflits sur le continent, face à des défis sécuritaires persistants et en constante mutation.
Mahama a rappelé que, malgré l’existence d’une architecture africaine de paix et de sécurité, les crises continuent de fragiliser les États. Pour lui, la tâche essentielle consiste à assurer une meilleure coordination, une mise en œuvre effective et un financement durable des mécanismes existants.
L’un des points centraux de son plaidoyer concerne la propriété africaine de la paix et de la sécurité, qui doit impérativement s’accompagner d’une propriété africaine du financement. Il a insisté sur la nécessité d’accélérer la capitalisation du Fonds de la Paix de l’Union africaine, dont l’objectif est fixé à 1 milliard de dollars.
Le Président ghanéen a également rappelé l’importance de mettre en œuvre la taxe d’importation de 0,2 %, en complément des contributions des institutions financières africaines et du secteur privé. Cette approche vise à réduire la dépendance vis-à-vis des financements extérieurs et à renforcer l’autonomie stratégique du continent.
Au-delà des mécanismes financiers, Mahama a souligné que la prévention des conflits doit être intégrée dans le programme global de développement. Les systèmes d’alerte précoce, selon lui, ne doivent pas se limiter à des diagnostics, mais déboucher sur des actions concrètes et mesurables pour sécuriser l’avenir de l’Afrique.
Cette intervention met en lumière trois enjeux majeurs : sans ressources propres, l’Afrique reste tributaire des bailleurs extérieurs, ce qui limite son autonomie dans la gestion des crises. La multiplication des mécanismes sans coordination efficace réduit leur impact. La stabilité ne peut être durable sans une intégration dans les politiques économiques et sociales.
Le message de John Dramani Mahama à Luanda résonne comme un appel à la responsabilité collective des dirigeants africains. Il rappelle que la paix ne peut être importée ni financée exclusivement de l’extérieur : elle doit être pensée, portée et financée par les Africains eux-mêmes.
En plaçant la prévention des conflits au cœur du développement, Mahama propose une vision stratégique où la sécurité devient le socle de la prospérité et de l’intégration continentale.
Korotoumou Sylla
