La Banque d’Investissement et de Développement de la CEDEAO (BIDC) vient de marquer une avancée institutionnelle majeure. Réunis en visioconférence le 30 juillet 2026, les représentants des États membres ont tenu la 14ᵉ Assemblée générale extraordinaire, sous la présidence de Ismaël Nabé, Ministre du Plan, de la Coopération internationale et du Développement de la République de Guinée et Président du Conseil des Gouverneurs.
Cette session, organisée en format virtuel, a permis d’adopter des orientations stratégiques destinées à consolider la gouvernance, renforcer la discipline financière et accélérer la transformation de la BIDC en une banque de développement de référence sur le continent africain. Au centre des débats figurait la vacance prolongée du poste de Vice-président chargé des Finances et des Services institutionnels, inoccupé depuis juillet 2024. Cette absence fragilisait la mise en œuvre de la stratégie de développement 2026-2030. Le Président du Conseil des Gouverneurs a rappelé que cette situation découlait des nouvelles règles de gouvernance adoptées à Praia en 2022 puis à Lomé en 2023, lesquelles imposent aux États membres de s’acquitter intégralement de leurs obligations de capital avant de pouvoir briguer les plus hautes fonctions dirigeantes. Ce principe, désormais central, vise à renforcer la crédibilité de la BIDC auprès des investisseurs et des marchés internationaux.
Grâce aux efforts de concertation menés sous la présidence d’Ismaël Nabé, l’État concerné a apuré ses engagements financiers, ouvrant la voie à la nomination et au renforcement des organes dirigeants. Le Président de la Banque, Dr George Agyekum Donkor, a présenté un mémorandum retraçant ces réformes, confirmant ainsi la résolution d’un blocage institutionnel majeur.
Depuis son élection à Accra en avril 2026, Ismaël Nabé conduit une stratégie claire et ambitieuse, reposant sur deux priorités essentielles : Réduction des arriérés de capital : par un dialogue bilatéral fondé sur la concertation et la responsabilisation des États membres. Élargissement de la base actionnariale : en ouvrant le capital de la Banque à cinq grandes institutions financières internationales la Banque africaine de développement (BAD), la Banque islamique de développement (BID), la BADEA, Afreximbank et la Saudi Eximbank.
Cette ouverture vise à hisser la BIDC au rang des grandes banques multilatérales de développement, capables de mobiliser des ressources accrues sur les marchés internationaux. Elle permettrait également de diversifier l’actionnariat, d’améliorer la notation financière de l’institution et de renforcer son attractivité auprès des investisseurs publics et privés, notamment pour financer la transition climatique et la finance verte.
Les échanges ont mis en lumière la pertinence de cette vision face aux défis contemporains : financement des infrastructures, industrialisation, intégration régionale et résilience climatique. Plusieurs Gouverneurs ont salué la démarche, insistant sur la nécessité pour tous les États membres de respecter leurs engagements financiers.
Dans son allocution, Ismaël Nabé a exhorté les pays encore en situation d’arriérés à poursuivre leurs efforts de régularisation. Il a également proposé une réflexion sur l’évolution des mécanismes internes afin de renforcer durablement la discipline financière. Enfin, il a rendu hommage au Président de la Banque, Dr George Agyekum Donkor, ainsi qu’au Secrétariat général et aux équipes techniques pour leur professionnalisme et leur engagement.
Au terme de cette session, les Gouverneurs ont réaffirmé leur détermination à poursuivre les réformes de gouvernance engagées depuis plusieurs années. En quelques mois à la tête du Conseil des Gouverneurs, Ismaël Nabé a insufflé une dynamique nouvelle, fondée sur la rigueur financière et la diversification de l’actionnariat.
L’objectif est clair : faire de la BIDC une grande banque multilatérale de développement, capable de financer des projets structurants dans les domaines des infrastructures, de l’énergie, de l’agriculture, de l’industrialisation, du secteur privé et de la transition climatique en Afrique de l’Ouest.
Souleymane Coulibaly
