Le Sénégal a franchi une nouvelle étape dans sa marche vers l’accès universel à l’électricité. Le jeudi 5 mars 2026, le ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, Abdourahmane Sarr, a coprésidé, aux côtés de son collègue de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, la réunion de restitution de la Stratégie nationale visant l’achèvement de cet objectif d’ici 2029. La rencontre a permis de dresser un bilan des avancées et de définir les orientations nécessaires pour atteindre cette ambition stratégique.
Dans son allocution, Abdourahmane Sarr a rappelé que l’accès universel à l’électricité constitue « un levier majeur de transformation économique et sociale », en parfaite cohérence avec la Vision Sénégal 2050. Cette vision place l’équité territoriale, le développement durable et l’investissement dans le capital humain au cœur des politiques publiques. Le ministre a insisté sur le rôle de l’électrification comme instrument d’inclusion sociale et catalyseur de productivité. Dans les zones rurales, l’électricité est appelée à soutenir l’irrigation agricole, la transformation des produits, le développement de la chaîne du froid et l’implantation de petites industries locales. Autant de leviers qui favoriseront la création d’emplois et l’amélioration des revenus des populations.
Les résultats enregistrés ces dernières années témoignent d’une dynamique encourageante. Le taux d’accès à l’électricité est passé de 62 % en 2015 à 86 % en 2024. L’électrification rurale, quant à elle, a connu une progression spectaculaire, passant de 24,2 % en 2013 à près de 70 % en 2024.
Cependant, Abdourahmane Sarr a souligné que « malgré ces performances, l’accès reste encore à améliorer et les coûts demeurent élevés, malgré des subventions devenues insoutenables ». Les contraintes tiennent notamment à la faiblesse des revenus des ménages ruraux et aux investissements lourds requis dans des zones à faible densité.
Le ministre de l’Économie a plaidé pour la poursuite des réformes afin de renforcer l’efficacité et la compétitivité du secteur électrique. Après la libéralisation de la production, qui a favorisé l’arrivée de producteurs indépendants et l’accroissement de l’offre énergétique, il estime nécessaire d’ouvrir progressivement les segments du transport et de la distribution à la concurrence, dans un cadre régulé. Cette évolution devrait accroître la transparence et l’efficacité du secteur.
La réussite de la stratégie repose largement sur la mobilisation des investissements privés et sur les partenariats public-privé. Sur les 2 623 milliards de francs CFA programmés pour le secteur de l’énergie entre 2025 et 2029, près de 1 681 milliards, soit 64 %, devraient provenir du secteur privé.
Cette orientation traduit la volonté des autorités de bâtir un modèle énergétique durable, inclusif et compétitif, capable de soutenir la croissance économique et de garantir une meilleure qualité de vie aux populations.
Aminata Dembélé
