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UMOA-Titres: le Trésor public malien mobilise plus de 60 milliards FCFA sur le marché régional

Malgré un contexte marqué par la guerre et une fragilisation profonde du tissu économique et social, le Trésor public malien vient de réussir une opération financière d’envergure sur le marché régional UMOA-Titres. Le 8 juillet 2026, l’État du Mali a mobilisé 60,33 milliards FCFA, dépassant son objectif initial de 55 milliards et confirmant la confiance persistante des investisseurs dans sa signature souveraine.

L’émission a suscité un vif intérêt : les souscriptions ont atteint près de 71 milliards FCFA, soit un taux de couverture de 128,93 %. Ce résultat illustre l’appétit marqué des investisseurs régionaux pour les titres maliens, en dépit des incertitudes politiques et sécuritaires.

Trois catégories de titres ont été soumises à l’adjudication. Les Bons du Trésor assimilables (BAT) à 364 jours ont permis de mobiliser 16,01 milliards FCFA, avec un rendement moyen de 4,52 %, traduisant une demande modérée mais constante pour les instruments de court terme. Les Obligations assimilables du Trésor (OAT) à 3 ans ont concentré l’essentiel de l’intérêt du marché. Elles ont généré 42,33 milliards FCFA, assortis d’un taux fixe de 6 % et d’un rendement moyen de 7,87 %, confirmant l’appétit marqué des investisseurs pour cette maturité intermédiaire. Les OAT à 5 ans ont retenu 2 milliards FCFA, avec un taux fixe de 6,20 % et un rendement moyen de 7,31 %, illustrant une confiance plus mesurée sur le long terme.

La répartition géographique des souscripteurs met en évidence l’ancrage régional de cette levée de fonds et la diversité des acteurs impliqués. Le Mali a absorbé la part la plus importante, avec 38 milliards FCFA, confirmant l’engagement massif des investisseurs domestiques. Le Burkina Faso suit avec 9,11 milliards FCFA, traduisant une confiance notable dans la signature malienne. Le Bénin, pour sa part, a contribué à hauteur de 3,46 milliards FCFA, tandis que la Côte d’Ivoire a apporté 3 milliards FCFA, renforçant ainsi la dimension régionale de l’opération. Cette distribution illustre non seulement la solidité de la demande locale, mais aussi l’intérêt des partenaires voisins, qui voient dans les titres maliens une opportunité de placement crédible malgré le contexte de guerre.

Pour l’économiste malien Dr. Abdoulaye Cissé, cette opération illustre une double réalité :

« Malgré la guerre et les incertitudes, les investisseurs régionaux continuent de croire à la capacité du Mali à honorer ses engagements. Cela traduit une confiance dans la résilience de son économie et dans la discipline budgétaire du Trésor. »

Du côté de la population, les perceptions oscillent entre espoir et prudence.

Fatoumata, commerçante à Bamako, y voit un signe encourageant : « Si les investisseurs croient encore au Mali, c’est que le pays garde une crédibilité. Nous espérons que ces ressources serviront à améliorer les conditions de vie malgré la guerre. »

Moussa, étudiant en économie, nuance : « Lever des fonds est une chose, mais il faut que l’argent soit bien utilisé. Dans un contexte de conflit, la transparence est essentielle. »

Cette levée de fonds réussie démontre que, même en temps de guerre, le Mali conserve une attractivité financière sur le marché régional. La sursouscription traduit une confiance tangible des investisseurs dans la signature malienne. Le véritable défi reste désormais de transformer cette crédibilité en investissements productifs, capables de soutenir la résilience économique et sociale du pays.

Souleymane Coulibaly

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