Le marché régional des titres publics de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA) continue de témoigner d’une confiance soutenue des investisseurs envers les États de la sous-région. Au cours de la semaine du 12 au 16 octobre 2026, le Mali et la Guinée-Bissau ont conjointement levé 40,5 milliards de FCFA à travers différentes adjudications de bons et d’obligations du Trésor. Une performance obtenue dans un contexte marqué par une demande largement supérieure aux besoins de financement exprimés par les deux pays.
En effet, alors que les deux États recherchaient initialement 37,53 milliards de FCFA, les investisseurs ont soumis des offres atteignant un volume global de 80,55 milliards de FCFA, soit plus du double du montant sollicité. Cette forte mobilisation du marché se traduit par un taux de couverture de 214,81 %, illustrant l’abondance des liquidités disponibles ainsi que l’intérêt croissant des opérateurs financiers pour les instruments de dette souveraine de l’espace UMOA.
Selon la note de l’UMOA-Titres, les obligations du Trésor ont constitué l’essentiel des ressources mobilisées, avec un montant global de 33,5 milliards de FCFA, contre 7 milliards de FCFA pour les bons du Trésor, généralement privilégiés pour les besoins de financement à court terme.
Ainsi la première opération de la semaine a été réalisée par la Guinée-Bissau le 12 octobre 2026. Le pays a réussi à mobiliser l’intégralité des 7,5 milliards de FCFA recherchés grâce à une émission d’obligations assimilables du Trésor d’une maturité de trois ans. L’engouement des investisseurs a été particulièrement remarquable. Les soumissions ont atteint 16,20 milliards de FCFA, représentant plus de deux fois le montant mis en adjudication. Face à cette forte demande, les autorités bissau-guinéennes ont conservé uniquement les 7,5 milliards de FCFA prévus, rejetant ainsi des offres d’un montant total de 8,70 milliards de FCFA. Les titres retenus affichent un rendement moyen pondéré de 7,80 %, niveau qui reflète les conditions de financement consenties aux investisseurs sur cette échéance. En revanche, l’émission parallèle de bons du Trésor à 364 jours n’a enregistré aucune allocation, aucun montant n’ayant été finalement retenu sur cette ligne.
Deux jours plus tard, le 14 octobre, le Mali a confirmé la confiance dont il bénéficie sur le marché régional. À l’issue de son adjudication, le Trésor public malien a mobilisé 33 milliards de FCFA, soit 3 milliards de FCFA de plus que son objectif initial fixé à 30 milliards de FCFA.
L’opération a suscité un vif intérêt auprès des investisseurs, qui ont formulé des propositions totalisant 64,36 milliards de FCFA. Après analyse des offres reçues, les autorités maliennes ont retenu 33 milliards de FCFA et rejeté 31,36 milliards de FCFA de soumissions. Les ressources levées présentent une structure relativement diversifiée en termes de maturités. Ainsi, 7 milliards de FCFA ont été obtenus à travers des bons du Trésor d’une durée d’environ un an, tandis que les obligations du Trésor à trois ans ont permis de mobiliser 23,29 milliards de FCFA. À cela s’ajoutent 2,71 milliards de FCFA levés sur une échéance de cinq ans.
Les rendements moyens associés aux différentes maturités s’établissent à 4,67 % pour les titres à un an, 7,78 % pour les obligations à trois ans et 7,63 % pour celles à cinq ans. Ces niveaux traduisent les conditions de marché ayant prévalu lors de cette opération ainsi que la perception du risque et de la durée par les investisseurs.
Parallèlement aux opérations de financement réalisées par le Mali et la Guinée-Bissau, la Côte d’Ivoire a mené, le 15 octobre 2026, une opération de gestion active de sa dette à travers le rachat de bons et d’obligations assimilables du Trésor.
L’opération a porté sur un montant de 316,27 milliards de FCFA et a rencontré une adhésion totale des investisseurs. Les soumissions reçues ont exactement correspondu au volume mis en adjudication et ont été intégralement retenues, se traduisant par des taux de couverture et d’absorption de 100 %. Ce rachat concerne deux lignes obligataires arrivant à échéance en octobre 2028. Ces titres sont assortis de taux d’intérêt fixes respectifs de 5,35 % et 5,70 %. À travers cette opération, les autorités ivoiriennes poursuivent leur stratégie de gestion proactive du profil de leur dette publique, en optimisant les échéances et les conditions de refinancement sur le marché régional.
Les différentes opérations réalisées au cours de cette semaine illustrent une nouvelle fois la profondeur croissante du marché régional des titres publics de l’UMOA. Le volume des offres enregistrées, nettement supérieur aux montants recherchés par les émetteurs, confirme la confiance des investisseurs dans les signatures souveraines de la zone ainsi que la solidité des mécanismes régionaux de financement.
Cette dynamique demeure un atout majeur pour les États membres, qui continuent de trouver sur le marché régional les ressources nécessaires au financement de leurs programmes budgétaires et de leurs investissements, tout en bénéficiant d’une base d’investisseurs de plus en plus active et diversifiée.
Souleymane Coulibaly
