Les huit États membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) ont mobilisé 740,03 milliards de FCFA en juillet 2026 sur le marché régional des titres publics, selon les données d’UMOA-Titres. Ce volume, en net recul par rapport aux mois précédents, confirme toutefois la place croissante des émissions obligataires dans le financement des économies de la zone.
Comparé aux 1 132,29 milliards FCFA levés en juin, la mobilisation de juillet affiche une diminution de 34,64 %. Sur un an, la contraction est encore plus marquée, atteignant 39,55 % par rapport aux 1 224,25 milliards FCFA enregistrés en juillet 2025. Le nombre d’adjudications a également fléchi, passant de 17 en juin à 15 en juillet, contre 20 un an plus tôt.
Malgré cette baisse, l’intérêt des investisseurs reste manifeste : le taux de couverture moyen s’est établi à 206,35 %, traduisant une demande plus de deux fois supérieure aux montants recherchés par les États, même si ce ratio est en retrait par rapport aux 226,90 % de juin et aux 235,82 % de juillet 2025.
Le Sénégal s’est imposé comme le principal emprunteur avec 161,75 milliards FCFA, suivi de la Côte d’Ivoire (134,80 milliards) et du Burkina Faso (132 milliards). Le Mali a mobilisé 115,33 milliards, le Niger 100,65 milliards, le Togo 48,50 milliards, la Guinée-Bissau 25 milliards, et le Bénin 22 milliards.
Dans le détail, la Côte d’Ivoire a levé 119,80 milliards FCFA en Obligations Assimilables du Trésor (OAT) et 15 milliards en Bons Assimilables du Trésor (BAT). Le Sénégal a mobilisé 90,50 milliards en BAT et 71,25 milliards en OAT, tandis que le Burkina Faso a exclusivement recouru aux OAT pour ses 132 milliards FCFA. Globalement, les OAT dominent largement les levées avec 575,09 milliards FCFA, soit près de 78 % des montants mobilisés, contre 164,94 milliards pour les BAT.
Les adjudications de juillet révèlent des écarts notables dans les coûts de financement. Au Niger, le rendement moyen pondéré a atteint 8,25 % sur 12 mois et 9,50 % sur cinq ans. Au Sénégal, les taux se sont établis à 8,04 % sur trois ans et 8,05 % sur cinq ans. La Côte d’Ivoire a affiché des rendements plus modérés, à 6,61 % sur trois ans et 7,14 % sur cinq ans, tandis que le Mali a enregistré 7,87 % sur trois ans et 7,31 % sur cinq ans.
En parallèle, les États ont remboursé 537,07 milliards FCFA de titres arrivés à échéance en juillet, soit une baisse de 62,49 % par rapport aux 1 431,93 milliards remboursés en juin, et de 22,36 % sur un an. La durée de vie moyenne des titres émis s’est fixée à 3,11 ans, en légère baisse par rapport aux 3,40 ans de juin, mais supérieure aux 2,54 ans de juillet 2025.
À fin juillet, les États de l’UEMOA avaient mobilisé un total de 8 610,42 milliards FCFA depuis le début de l’année, soit une progression de 4,78 % par rapport à la même période en 2025. Cette évolution est portée par les OAT, dont les émissions cumulées atteignent 6 625,51 milliards FCFA, en hausse de 58,96 %. À l’inverse, les BAT ont reculé de 50,99 %, avec 1 984,92 milliards FCFA mobilisés.
Sur la même période, les remboursements se sont élevés à 6 782,10 milliards FCFA, en hausse de 22,43 % sur un an. L’encours de la dette par adjudication atteignait 24 073,53 milliards FCFA, en progression de 1,39 %. La Côte d’Ivoire concentre la part la plus importante avec 7 814,58 milliards FCFA, suivie du Sénégal (5 131,96 milliards) et du Burkina Faso (2 989,98 milliards).
Souleymane Coulibaly
