Le gouvernement de Transition du Mali a officiellement présenté son calendrier d’émissions de titres publics pour l’année 2026, marquant une étape clé dans sa stratégie de financement. À travers ce programme, l’État prévoit de mobiliser 1 450 milliards FCFA sur le marché financier régional de l’UEMOA. Cette initiative traduit une volonté affirmée de recourir aux instruments de marché comme levier de financement, en privilégiant des opérations planifiées et encadrées.
Cette démarche s’inscrit dans une logique de rigueur budgétaire et de prévisibilité financière. En adoptant un calendrier précis, le gouvernement entend renforcer la discipline dans la gestion de la dette publique et offrir aux investisseurs une visibilité accrue sur ses besoins de financement. Les émissions prévues seront conduites de manière encadrée et planifiée, gage de transparence et de crédibilité pour le marché régional.
Lors de la cérémonie de lancement, les autorités ont détaillé la ventilation de l’objectif annuel de 1 450 milliards FCFA, réparti par trimestre afin d’assurer une régularité dans les opérations et d’éviter toute pression ponctuelle sur le marché : 340 milliards FCFA au premier trimestre, 400 milliards FCFA au deuxième trimestre, 430 milliards FCFA au troisième trimestre, 280 milliards FCFA au quatrième trimestre. Cette programmation trimestrielle vise à instaurer une lisibilité accrue pour les acteurs financiers et à leur permettre d’anticiper leurs interventions tout au long de l’année. Elle traduit également la volonté du Mali de consolider la confiance des investisseurs, en montrant que ses besoins de financement sont planifiés, maîtrisés et alignés sur une stratégie budgétaire cohérente.
Selon l’économiste malien Dr Mohamed Cissé, cette programmation constitue « un signal fort adressé au marché régional ». Pour lui, la régularité et la prévisibilité des émissions permettront non seulement de renforcer la confiance des investisseurs, mais aussi de mieux maîtriser la trajectoire de la dette publique.
« Le Mali montre qu’il est capable de planifier ses besoins financiers avec rigueur, ce qui est essentiel pour préserver la stabilité macroéconomique », souligne-t-il.
Du côté des citoyens, les avis traduisent à la fois espoir et prudence. Abdoul Aziz Traoré estime que « si ces fonds sont bien utilisés, ils peuvent contribuer à améliorer les infrastructures et soutenir les petites entreprises ». Il voit dans cette mobilisation une opportunité pour stimuler l’économie locale. À l’inverse, Moussa Konaté, enseignant, exprime une réserve : « C’est une bonne chose que l’État cherche à se financer par ses propres moyens, mais il faudra veiller à ce que l’endettement ne devienne pas un fardeau pour les générations futures. La transparence dans l’utilisation des ressources sera déterminante. »
En fixant un objectif aussi ambitieux, le Mali manifeste clairement sa volonté de consolider sa présence sur le marché financier régional de l’UEMOA. Cette orientation traduit une stratégie de diversification des sources de financement, permettant à l’État de réduire sa dépendance aux appuis extérieurs et de s’appuyer davantage sur les mécanismes régionaux.
Souleymane Coulibaly
