ECONOMIESActualitésSommet du G20:L’Afrique au centre de l’agenda

Sommet du G20:L’Afrique au centre de l’agenda

Le sommet du G20, tenu à Johannesburg ce week-end, s’est transformé en véritable épreuve de force diplomatique. Les États-Unis ont décidé de boycotter l’événement, refusant toute participation officielle aux discussions. Cette absence remarquée a pesé sur les débats et accentué les tensions avec l’Afrique du Sud, pays hôte, qui espérait un geste de réconciliation ou, à tout le moins, une présence symbolique américaine.

Fait inédit, le communiqué final a été validé dès l’ouverture du sommet. Ce choix traduit la volonté des pays présents de préserver une unité minimale, malgré le retrait américain. Ce geste diplomatique souligne que, même fragilisé, le multilatéralisme conserve une capacité de dialogue et d’action collective.

Le texte adopté par les membres du G20  dont nous avons eu à feuilleter met en avant deux priorités : la guerre en Ukraine, avec un appel à renforcer les efforts diplomatiques et humanitaires et le climat, où les États ont réaffirmé leur engagement à intensifier la coopération internationale face aux défis environnementaux. Ce double axe reflète la volonté des participants de maintenir une voix commune sur les enjeux les plus pressants, malgré les divergences politiques.

Premier G20 organisé sur le continent africain, ce sommet a placé les priorités africaines au cœur des discussions. La déclaration finale insiste sur la nécessité d’intégrer davantage l’Afrique dans les équilibres économiques et géopolitiques mondiaux. Pour Pretoria, il s’agissait d’une occasion stratégique de renforcer son rôle sur la scène internationale. Le boycott américain a toutefois été perçu comme un camouflet diplomatique, transformant l’événement en bras de fer symbolique.

Pour Washington, cette absence visait à marquer une distance vis-à-vis de certaines positions sud-africaines, notamment sur l’Ukraine et la gouvernance mondiale. Ce face-à-face a mis en lumière les fractures internes du G20, partagé entre pays émergents désireux d’affirmer leur influence et puissances traditionnelles soucieuses de préserver leurs intérêts.

La publication d’une déclaration commune a permis d’éviter l’échec total. Toutefois, le sommet reste marqué par l’absence américaine et par des engagements limités. Les discussions sur le climat et l’Ukraine témoignent d’une volonté de coopération, mais leur portée réelle demeure incertaine.

Pour de nombreux observateurs, ce rendez-vous illustre les limites actuelles du multilatéralisme, tiraillé entre ambitions globales et rivalités géopolitiques. Il restera comme un sommet où le dialogue a survécu, mais où les divisions internationales se sont affichées au grand jour.

Souleymane Coulibaly

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