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Paix et sécurité en Afrique: à New York, Cotonou et l’UA appellent à une solidarité sans faille face au terrorisme

En marge de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York, la Conférence sur la Paix et la Sécurité a tenu une session ouverte à haute portée stratégique sur le thème : « Le bon voisinage et les réponses régionales aux défis de sécurité et de terrorisme en Afrique ». Présidée par Corinne Amori Brunet, Ministre des Affaires étrangères du Bénin et Présidente du Conseil de Paix et de Sécurité (CPS) pour le mois de septembre, la rencontre a vu la participation de Mahmoud Ali Youssouf, Président de la Commission de l’Union Africaine. Les deux personnalités ont lancé un appel solennel à une coopération africaine renforcée, structurée et décomplexée face à des menaces sécuritaires qui ne cessent de s’étendre et de se métamorphoser.

Dans son allocution d’ouverture, la cheffe de la diplomatie béninoise a tenu à recadrer le concept. Pour elle, le bon voisinage ne saurait se résumer à une simple clause de style diplomatique. « La réponse de l’Afrique doit être inébranlablement guidée par les principes cardinaux de souveraineté, d’intégrité territoriale, de règlement pacifique des différends et de solidarité agissante entre les États membres », a-t-elle martelé. Mme Brunet a rappelé une évidence trop souvent oubliée : si les frontières définissent les territoires et circonscrivent les responsabilités souveraines, elles sont avant tout des espaces de vie. Des espaces où des communautés vivent, travaillent, commercent et entretiennent des liens familiaux et culturels séculaires qui précèdent les États modernes. C’est pourquoi, a-t-elle insisté, le bon voisinage n’est pas seulement un principe, c’est une nécessité pratique et existentielle pour la sécurité collective. Même et surtout en période de tensions politiques aiguës, les États voisins ont l’obligation stratégique de préserver les canaux de communication : échange d’informations, coopération sécuritaire et judiciaire, et protection des flux transfrontaliers légitimes. Rompre ces canaux, c’est offrir un boulevard aux groupes armés.

Saluant l’initiative visionnaire du Bénin d’avoir placé le bon voisinage au centre des délibérations du CPS, le Président de la Commission de l’UA, Mahmoud Ali Youssouf, a dressé un tableau sans fard de la menace. Il a souligné la propagation inexorable et tentaculaire des groupes armés et des mouvements terroristes dans quatre foyers critiques du continent : des pans entiers de la Somalie, le Sahel central, l’Est de la République Démocratique du Congo et le Nord du Mozambique. Dans ces théâtres d’opération, a-t-il expliqué, la combinaison délétère de frontières extrêmement poreuses et d’une présence limitée, voire absente, de l’État crée des vulnérabilités béantes, savamment exploitées par les réseaux terroristes et criminels transnationaux qui y prospèrent.

« Les efforts strictement nationaux ne peuvent plus suffire à répondre à des menaces qui, par nature, se jouent des frontières », a-t-il averti, réaffirmant l’engagement total de la Commission à renforcer la gouvernance des frontières à travers son Programme Frontières de l’Union Africaine.

Au-delà du diagnostic, les deux dirigeants ont esquissé les contours d’une doctrine d’action commune. Youssouf a insisté sur l’impératif d’une coordination plus forte, plus fluide et plus opérationnelle entre les États membres, les Communautés Économiques Régionales (CER) et les Mécanismes Régionaux. Il a placé au cœur de cette action collective quatre piliers non négociables : Le partage de renseignements en temps réel ; l’échange d’expériences et de bonnes pratiques ; le renforcement de la préparation institutionnelle et la prévention de la radicalisation à la base.

Fatoumata Traoré

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