La Ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariam Ciré Sylla, a reçu en audience, mercredi dernier, l’Ambassadeur Xavier Stickler, Chef de Mission de l’Union Européenne en Guinée. Face à eux, les cadres de la Cellule Technique de Suivi des Programmes et des Réformes des Finances Publiques (CTSP-RFP). Une rencontre dense, aux accents stratégiques, consacrée à l’examen du portefeuille de coopération et à l’ouverture de nouvelles perspectives pour le partenariat Guinée-UE.
L’Ambassadeur a réaffirmé la volonté de l’Union Européenne d’accompagner une Guinée engagée sur la voie de l’émergence, notamment à travers le lancement du programme Simandou 2040, symbole d’une ambition nationale de transformation.
L’Union Européenne dispose en Guinée d’un portefeuille de projets évalué à 500 millions d’euros, dont le projet phare AMRIC, dédié à la mobilisation des recettes intérieures. Les discussions ont également porté sur la coopération avec la Chambre Européenne du Commerce, la coordination avec la Banque Mondiale pour l’optimisation des recettes, ainsi que le soutien aux réformes en matière de finances publiques, de digitalisation et de renforcement des capacités.
Mme Sylla a rappelé l’ampleur des besoins liés au programme Simandou 2040 : près de 330 milliards USD sur 15 ans, dont 40 % attendus du secteur privé. Elle a invité les entreprises européennes à saisir cette opportunité, soulignant que l’Europe est appelée à jouer un rôle majeur dans ce chantier structurant.
La Ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariam Ciré Sylla, a présenté une feuille de route ambitieuse pour son département consolidé, invitant l’Union Européenne à accompagner la Guinée dans plusieurs domaines stratégiques.
Elle a insisté sur la digitalisation des systèmes financiers, considérée comme un levier essentiel pour moderniser la gestion publique. Dans le même esprit, elle a souligné la nécessité de garantir l’interconnexion et la stabilisation des plateformes, afin d’assurer une meilleure fluidité des opérations. La Ministre a également mis en avant le renforcement du mécanisme de collecte des recettes, un axe crucial pour accroître les ressources internes et consolider la souveraineté budgétaire. Elle a plaidé pour une plus grande transparence et une gouvernance renforcée des entreprises publiques, gages de crédibilité et de confiance auprès des partenaires. Le contrôle et le suivi de la commande publique figurent aussi parmi les priorités, dans l’objectif de rationaliser les dépenses et d’améliorer l’efficacité des investissements. Mme Sylla a par ailleurs insisté sur le développement des capacités et l’assistance technique, indispensables pour accompagner les réformes et renforcer les compétences nationales. Elle a rappelé l’importance d’une gestion efficiente des dépenses publiques, condition sine qua non pour garantir la stabilité macroéconomique et soutenir les ambitions de développement du pays.
Les cadres de la CTSP-RFP ont élargi les discussions à des dossiers techniques prioritaires : finalisation du programme PEFA++, réactualisation de la convention AMRIC, renforcement des compétences des cadres du MEFB, ainsi que les perspectives de conclusion d’un programme économique et financier avec le FMI et la Banque Mondiale.
« Nous vous exhortons à renforcer notre partenariat afin de nous aider à relever les défis, à corriger nos faiblesses et à dynamiser la gestion efficace des dépenses publiques », a lancé Mme Sylla.
Khadidiatou Maïga
