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Gouvernance financière en Guinée: une réforme structurante pour renforcer la transparence et la performance de l’action publique

Une étape décisive vient d’être franchie dans le vaste chantier de modernisation des finances publiques en Guinée. Au terme de trois jours d’intenses travaux, d’analyses techniques et de concertations entre les principaux acteurs du système financier public, l’atelier national de validation des textes relatifs aux pièces justificatives des opérations publiques et au plan comptable des collectivités décentralisées a officiellement clôturé ses travaux. Cette avancée marque un tournant important dans la consolidation de la gouvernance budgétaire et financière du pays.

Réunis autour d’un objectif commun de modernisation et de performance, les experts des administrations financières, les représentants des institutions publiques ainsi que les acteurs impliqués dans la chaîne de la dépense publique ont procédé à l’examen approfondi et à la validation de plusieurs instruments fondamentaux. Ces textes constituent désormais le socle réglementaire destiné à encadrer l’exécution des dépenses de l’État, des établissements publics administratifs et des collectivités territoriales décentralisées. Ils définissent avec davantage de précision les documents justificatifs requis pour chaque opération financière, tout en normalisant les procédures comptables applicables aux collectivités locales. L’ambition poursuivie est claire : instaurer un système de gestion plus cohérent, plus transparent et davantage orienté vers la performance et les résultats.

Intervenant à cette occasion, le Directeur National du Contrôle Financier a souligné que la modernisation de la gestion publique ne saurait se limiter au seul renforcement des mécanismes de contrôle. Selon lui, l’enjeu consiste également à simplifier les procédures administratives et à améliorer l’efficacité globale du traitement des dossiers financiers. Cette nouvelle architecture réglementaire permettra notamment de réduire les rejets de dossiers liés à des insuffisances documentaires, une problématique récurrente qui ralentit souvent l’exécution des dépenses publiques. Elle contribuera également à accélérer les délais de traitement et de paiement tout en renforçant la sécurité juridique et financière des opérations réalisées par les administrations publiques. À travers cette approche, l’administration financière guinéenne cherche à concilier rigueur budgétaire et efficacité opérationnelle, deux exigences désormais indissociables dans les standards modernes de gestion publique.

Les travaux techniques ont permis d’aboutir à plusieurs acquis significatifs qui devraient améliorer durablement la gouvernance financière nationale.

Parmi les principales avancées figurent : l’harmonisation des nomenclatures utilisées dans les différentes administrations ; la clarification des responsabilités et des obligations des intervenants de la chaîne de la dépense ; l’adaptation des procédures aux principes et exigences du Budget-programme ; le renforcement de la cohérence entre les référentiels budgétaires, comptables et financiers ; l’amélioration de la traçabilité des opérations publiques ; la sécurisation accrue des flux financiers au sein des institutions publiques et des collectivités locales. Ces innovations visent à réduire les disparités de pratiques constatées entre les administrations et à promouvoir une culture de gestion fondée sur la transparence, la responsabilité et la performance.

En procédant à la clôture officielle de l’atelier, Madame la Ministre de l’Économie, des Finances et du Budget a rappelé que cette initiative s’inscrit dans une dynamique beaucoup plus vaste de modernisation de l’État guinéen. Elle a notamment mis en évidence les liens étroits entre cette réforme et plusieurs programmes structurants engagés par le gouvernement, parmi lesquels la généralisation du Budget-programme, la mise en œuvre du Programme de Réforme des Finances Publiques (PREFIP 2026-2030) ainsi que les ambitions de développement portées par le Programme Simandou 2040.

La ministre a insisté sur le rôle fondamental de la pièce justificative dans l’architecture de la gestion publique moderne. Bien plus qu’un simple document administratif, celle-ci représente le chaînon indispensable qui assure la continuité entre la décision budgétaire, l’exécution effective de la dépense publique et les résultats obtenus au bénéfice des citoyens. Cette vision traduit une évolution profonde des modes de gestion, où l’accent n’est plus uniquement placé sur les moyens engagés, mais également sur les impacts et les résultats produits par l’action publique.

Les nouveaux textes validés entreront officiellement en application à compter du 1er janvier 2027. Leur mise en œuvre devrait générer des effets importants sur l’ensemble du système de gestion des finances publiques. Parmi les bénéfices attendus figurent le renforcement de la qualité du contrôle financier, l’amélioration de la traçabilité des dépenses publiques, la sécurisation accrue des opérations financières ainsi qu’une harmonisation des pratiques comptables au sein des collectivités décentralisées. Cette réforme devrait également consolider la confiance des citoyens, des partenaires techniques et financiers ainsi que des investisseurs dans les mécanismes de gestion des ressources publiques du pays.

Alassane Guindo

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