Le Fonds Monétaire International (FMI) a dévoilé, le 21 avril 2026, ses projections de croissance pour l’Afrique subsaharienne. Si la région devrait connaître un ralentissement à 4,3 % en 2026, puis une légère reprise à 4,4 % en 2027, certains pays se distinguent par des performances supérieures. Le Mali, avec une croissance attendue de 5,5 % en 2026 et 5,7 % en 2027, figure parmi les économies les plus dynamiques, malgré un environnement régional marqué par l’incertitude.
Après une année 2025 relativement favorable (4,5 % de croissance), l’Afrique subsaharienne est confrontée à de nouveaux vents contraires. Le FMI évoque des « gains durement sous pression », liés à plusieurs facteurs : Conjoncture internationale défavorable avec la guerre au Moyen-Orient, hausse des prix du carburant et des engrais. Fragilités sociales avec la pauvreté persistante, insécurité alimentaire, indicateurs sociaux affaiblis par la pandémie.
Réduction des soutiens extérieurs avec la baisse de l’aide internationale et flambée des prix alimentaires. Dans ce contexte, l’institution appelle les gouvernements à gérer les chocs à court terme tout en renforçant la résilience économique à moyen terme.
Avec une croissance de 4,9 % en 2025, le Mali devrait accélérer à 5,5 % en 2026 et 5,7 % en 2027, dépassant la moyenne régionale. Cette performance place le pays en deuxième position au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), derrière le Niger (6,7 % en 2026 et 6,5 % en 2027), mais devant le Burkina Faso dont la croissance est attendue en baisse (4,9 % en 2026 et 4,8 % en 2027).
À l’échelle régionale, le Mali reste toutefois derrière des locomotives comme le Bénin (7 % en 2026, 6,7 % en 2027) et surtout l’Éthiopie (9,2 % en 2026, 7,9 % en 2027).
Le rapport souligne l’hétérogénéité des trajectoires nationales et insiste sur la nécessité de politiques économiques adaptées. Pour les pays comme le Mali, la priorité est de transformer cette croissance robuste en développement inclusif et durable, capable de réduire la vulnérabilité sociale et de diversifier l’économie au-delà des secteurs extractifs.
Les projections du FMI confirment que l’Afrique subsaharienne reste exposée aux chocs internationaux et aux fragilités internes. Pourtant, certains pays, à l’image du Mali, affichent une dynamique supérieure à la moyenne, signe d’une résilience qui mérite d’être consolidée. La question centrale demeure : comment convertir ces performances en progrès social tangible pour des populations encore fragilisées par l’insécurité et la volatilité mondiale.
Souleymane Coulibaly
