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Cacao Ivoirien: « le piège de la vente par anticipation », (Par Assalé Tiémoko Antoine)

(LECONOMISTE DU MALI)-Les producteurs de cacao en Côte d’Ivoire vont-ils bénéficier d’une revalorisation du prix d’achat en ce moment en vigueur?

La réponse est « NON ».

Le prix de vente du cacao, au plan international, est à un niveau historique depuis plusieurs mois en raison de la crainte d’une pénurie de fèves tant chez le premier producteur mondial (la Côte d’Ivoire), que chez les producteurs secondaires.

De 2,4 millions Cfa la tonne il y a quelques mois, la même tonne de cacao s’arrache aujourd’hui à près de 4,7 millions Fcfa.

Sur le terrain, alors qu’au Cameroun (envriron 250 mille tonnes par an), les producteurs profitent largement de cette embellie avec un prix d’achat bord champ à plus de 4 mille fcfa le Kg, en Côte d’Ivoire (plus de 1,5 million de tonnes par an), le prix d’achat reste bloqué à 1000 Fcfa.

Pourquoi deux réalités différentes pour le même produit dans deux pays différents ?

C’est que la Côte d’Ivoire, pour des raisons de protection des producteurs face à la volatilité des prix sur le marché international et surtout pour garantir ses recettes (DUS=droit unique de sortie), encadre directement les prix pour les producteurs et vend par ailleurs toute sa production, d’une année à une autre, par anticipation.

Ce mécanisme a l’avantage de maintenir un prix fixe pour les producteurs ivoiriens qui ne baisse pas quand les prix s’effondrent sur le marché international mais, a pour inconvenient, comme c’est le cas actuellement, que le même prix garanti n’augmente pas au bénéfice des producteurs, quand les prix à l’international flambent.

Le Ghana utilise le même mécanisme.

Le Cameroun a fait un choix différent, la libéralisation totale de la filière, de sorte que les producteurs négocient directement sur le terrain avec les exportateurs et profitent par conséquent, systématiquement de toute hausse du prix à l’international.

A ce jour donc, ni l’Etat de Côte d’Ivoire qui a tout vendu par anticipation ni les producteurs qui ne bénéficient que d’un prix bord champ encadré par le régulateur (le conseil café-cacao), ne profitent de la tendance haussière.

Du coup, se pose avec violence, la question des choix opérés par notre pays. Faut-il passer à un mecanisme mixte?

En attendant, les producteurs Camerounais vont continuer à se frotter les mains, pendant que leurs collègues Ivoiriens ne peuvent qu’appeler Dieu à maintenir la tendance haussière jusqu’à la campagne 2024-2025 pour espérer avoir un prix d’achat au-dessus de 1000 Fcfa.

ASSALE TIEMOKO ANTOINE

DÉPUTÉ DE LA NATION.

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