L’année 2025 s’est déroulée dans un environnement mondial complexe, marqué par le retour du protectionnisme et le durcissement des barrières douanières. Elle a également été caractérisée par des tensions géopolitiques persistantes (Ukraine, Moyen-Orient, rivalité USA–Chine), une croissance mondiale modérée de 3,2 %, en deçà de sa moyenne historique, ainsi qu’une désinflation progressive accompagnée d’un début d’assouplissement monétaire. La montée en puissance du yuan et l’élargissement des BRICS traduisent une recomposition de l’ordre économique mondial.
Dans ce contexte, l’Afrique subsaharienne a affiché une résilience remarquable, avec une croissance de 4,1 %, portée par la stabilisation macroéconomique, des réformes structurelles et des cours favorables pour les produits de base stratégiques.
Au sein de l’Union, l’activité économique a été particulièrement robuste. En 2025, le produit intérieur brut réel devrait enregistrer une progression notable de 6,7 %. L’inflation, quant à elle, a connu une baisse spectaculaire, passant de 3,5 % en 2024 à seulement 0,2 % en 2025, ouvrant ainsi la voie à un assouplissement de la politique monétaire par la BCEAO.
Cette dynamique est portée par plusieurs leviers : la vigueur de la consommation des ménages, l’essor des investissements dans les infrastructures, la bonne performance du secteur agricole ainsi que le dynamisme des services et des industries.
En 2025, le Marché Financier Régional de l’UEMOA a franchi un cap historique, enregistrant la plus forte mobilisation jamais réalisée. Plus de 4 200 milliards FCFA ont été levés, essentiellement à travers les emprunts obligataires souverains. Depuis sa création, le marché a permis de mobiliser plus de 26 000 milliards FCFA, consolidant ainsi son rôle stratégique dans le financement des États et des entreprises de l’Union.
Le marché obligataire est resté dynamique avec 35 emprunts admis à la cote, pour une valeur de 2 551 milliards FCFA, dont 27 souverains, 2 d’institutions régionales et 6 du secteur privé. Trois emprunts thématiques (Gender Bond, Social Bond, GSS Bond) ont marqué l’essor de la finance durable, positionnant la BRVM comme la 2e place africaine pour les social bonds, après Johannesburg. En 2025, un événement majeur a marqué l’évolution du Marché Financier Régional de l’UEMOA : l’introduction en bourse de la Banque Internationale pour l’Industrie et le Commerce (BIIC). Cette opération s’est distinguée à plusieurs titres : la plus importante émission d’actions réalisée par une banque sur le marché régional, le deuxième plus grand IPO de la BRVM, après celui d’Orange CI en 2022 et une privatisation réussie, ayant permis à l’État béninois de mobiliser 100,45 milliards FCFA.
La BRVM a connu une progression remarquable de ses principaux indices. Le BRVM Composite : +25,26 %, atteignant un niveau historique de 345,75 points, le BRVM 30 : +19,8 % et le BRVM Prestige : +25,61 %.
La capitalisation du marché des actions a franchi un record de 13 331 milliards FCFA, soit une hausse de 32,27 % par rapport à 2024. De son côté, le marché obligataire s’est établi à 11 450,6 milliards FCFA, en progression de 8,72 %. Avec ces performances, la BRVM représente désormais 18,3 % du PIB régional, contre seulement 9,17 % en 2012, confirmant son rôle croissant dans le financement de l’économie de l’UEMOA.
La valeur des transactions sur la BRVM a connu une envolée spectaculaire, bondissant de 109 % par rapport à 2024, avec une moyenne quotidienne de 1,4 milliard FCFA échangée. Le marché demeure largement dominé par le secteur des télécommunications, mené par Orange CI et Sonatel, qui concentrent 35,6 % de la capitalisation totale. La performance la plus marquante revient à Unilever CI, dont le titre a enregistré une plus-value exceptionnelle de +428,57 %. Enfin, le PER moyen du marché, fixé à 11,9, confirme l’attrait croissant de la BRVM auprès des investisseurs.
La BRVM affiche pour les prochaines années une ambition de transformation en profondeur, articulée autour de plusieurs axes stratégiques : accélérer la mutation technologique, afin de moderniser ses plateformes et renforcer l’efficacité des opérations, intégrer pleinement les enjeux de durabilité et du climat, en alignant le marché sur les standards internationaux de finance responsable, développer de nouveaux produits financiers, tels que les ETF et les dérivés, pour diversifier l’offre et attirer davantage d’investisseurs.
Renforcer le financement des secteurs clés de l’économie régionale, notamment les mines, l’énergie et l’agriculture et la poursuivre les actions d’éducation boursière et financière, afin de consolider la culture de l’investissement au sein de l’UEMOA.
Khadidiatou M. Maïga
