Le mercredi 21 janvier 2026, le Président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a reçu au Palais de la République Mercedes Vera Martin, la nouvelle cheffe de mission du Fonds monétaire international (FMI) pour le Sénégal. Cette rencontre marque une étape importante dans les relations entre Dakar et l’institution de Bretton Woods, alors que les deux parties cherchent à définir les contours d’un nouveau programme de coopération économique.
Au cours de l’audience, Mme Vera Martin a salué les progrès réalisés dans les discussions en cours, mettant en avant la volonté du FMI d’accompagner le Sénégal dans ses réformes structurelles et dans la consolidation de sa stabilité macroéconomique.
Cependant, derrière les sourires diplomatiques, les divergences demeurent profondes. Le FMI insiste sur la nécessité de clarifier et de restructurer ce qu’il qualifie de « dette cachée », un passif financier dont l’ampleur réelle reste difficile à cerner. Pour l’institution, cette transparence est indispensable afin de garantir la crédibilité du Sénégal sur les marchés internationaux et de sécuriser tout nouveau programme de financement.
Du côté sénégalais, la position est plus nuancée, voire conflictuelle. Le gouvernement reconnaît l’existence de défis budgétaires, mais refuse de céder à ce qu’il perçoit comme une mise sous tutelle financière.
Le Premier ministre Ousmane Sonko s’est montré particulièrement ferme sur ce dossier. Il rejette catégoriquement toute idée de restructuration de la dette, estimant que cette démarche risquerait d’hypothéquer la souveraineté économique du pays et de plonger les finances publiques dans une spirale de dépendance. Cette posture radicale place le Sénégal et le FMI dans un bras de fer économique prolongé. D’un côté, l’institution internationale conditionne son soutien à une meilleure gestion et à une transparence accrue de la dette ; de l’autre, le gouvernement sénégalais, porté par une rhétorique souverainiste, refuse de se plier aux exigences jugées contraignantes.
La rencontre entre Bassirou Diomaye Faye et Mercedes Vera Martin illustre à la fois la volonté de dialogue et la profondeur des désaccords. Si un nouveau programme de coopération reste à l’ordre du jour, son aboutissement dépendra de la capacité des deux parties à trouver un compromis sur la question sensible de la dette.
Dans ce contexte, le Sénégal se retrouve à la croisée des chemins : préserver sa souveraineté économique tout en sécurisant l’appui financier nécessaire à ses ambitions de développement. Quant au FMI, il devra composer avec une nouvelle donne politique où les marges de négociation sont étroitement surveillées par un exécutif déterminé à défendre ses choix.
Khadidiatou M. Maïga
