La Côte d’Ivoire et le Mali ont bénéficié d’un soutien marqué des investisseurs lors de leurs récentes opérations de levée de fonds sur le marché des titres publics de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA). À travers leurs adjudications organisées les 27 et 28 octobre 2026, les deux États sont parvenus à mobiliser cumulativement 137,5 milliards de FCFA, soit un montant supérieur de 12,5 milliards de FCFA aux objectifs initialement fixés. Cette performance intervient dans un contexte où les États de l’Union continuent de recourir au marché financier régional pour financer leurs besoins budgétaires et soutenir leurs programmes d’investissement. Les deux opérations ont suscité un intérêt significatif des investisseurs, qui ont soumis des offres atteignant 225,88 milliards de FCFA pour un montant recherché de 125 milliards de FCFA, correspondant à un taux de couverture global de 180,70 %.
Les ressources mobilisées proviennent principalement des obligations du Trésor, qui représentent 134 milliards de FCFA des fonds levés. Les bons du Trésor, instruments généralement destinés au financement de court terme, n’ont contribué qu’à hauteur de 3,5 milliards de FCFA, confirmant la préférence des investisseurs pour des placements de plus longue maturité.
La Côte d’Ivoire a réalisé la plus importante levée de fonds de cette séquence, avec un montant total mobilisé de 93,5 milliards de FCFA, contre un objectif initial de 85 milliards de FCFA. Selon UMOA-Titres, l’opération a enregistré des soumissions globales de 151,15 milliards de FCFA, traduisant une forte confiance des investisseurs dans la signature ivoirienne. Sur ce montant, 93,5 milliards de FCFA ont été retenus, tandis que 57,65 milliards de FCFA ont été rejetés. Le taux de couverture de l’opération s’est établi à 177,83 %, tandis que le taux d’absorption a atteint 61,86 %, illustrant la sélectivité du Trésor ivoirien dans le choix des propositions retenues.
Les ressources mobilisées proviennent exclusivement des obligations du Trésor. La répartition des montants retenus fait apparaître 6,98 milliards de FCFA sur une maturité de trois ans, 79,55 milliards de FCFA sur cinq ans et 6,97 milliards de FCFA sur sept ans. Les rendements moyens pondérés ressortent respectivement à 6,37 %, 7,04 % et 7,11 %, des niveaux qui reflètent les conditions actuelles de financement sur le marché régional. Aucune offre n’a en revanche été retenue sur la ligne des bons du Trésor à 364 jours.
De son côté, le Mali a également dépassé son objectif de financement en mobilisant 44 milliards de FCFA, contre un montant initial recherché de 40 milliards de FCFA. Les investisseurs ont soumis des offres totalisant 74,73 milliards de FCFA, soit un taux de couverture de 186,81 %, supérieur à celui enregistré par la Côte d’Ivoire. Le Trésor malien a finalement retenu 44 milliards de FCFA et rejeté 30,73 milliards de FCFA, ce qui correspond à un taux d’absorption de 58,88 %.
La levée de fonds se compose de 3,5 milliards de FCFA en bons du Trésor à 364 jours, de 36,5 milliards de FCFA en obligations du Trésor à trois ans et de 4 milliards de FCFA en obligations à cinq ans. Les rendements moyens sont ressortis à 4,51 % pour les bons à un an, 7,67 % pour les obligations à trois ans et 7,58 % pour celles à cinq ans, témoignant de la capacité du pays à mobiliser des ressources sur différentes échéances malgré un environnement financier exigeant.
Ces opérations confirment la profondeur croissante du marché des titres publics de l’UMOA et l’intérêt soutenu des investisseurs pour les émissions souveraines de la sous-région. Le niveau élevé des souscriptions, largement supérieur aux montants recherchés, traduit une confiance persistante dans les perspectives économiques des États émetteurs et dans la solidité du marché financier régional.
Pour la Côte d’Ivoire comme pour le Mali, ces levées de fonds réussies constituent un signal positif pour le financement de leurs politiques publiques et de leurs projets de développement, tout en illustrant le rôle stratégique du marché régional comme source de financement des économies de l’Union.
Fatoumata Traoré
