La Guinée franchit une nouvelle étape dans la modernisation de sa gestion publique. Le ministère de l’Économie, des Finances et du Budget a ouvert les travaux de validation du Plan stratégique de réforme des finances publiques (PREFIP) 2026-2030, un document de référence appelé à renforcer la performance, la transparence, la redevabilité et l’efficacité de l’action publique au cours des prochaines années.
Le Secrétaire exécutif de la Cellule technique de suivi des programmes de réformes des finances publiques (CTSP-RFP) a rappelé que l’élaboration du PREFIP 2026-2030 est le résultat d’un processus entamé il y a plus de cinq mois à la suite de l’évaluation PEFA++ 2024. Selon lui, cette nouvelle génération de réformes vise à faire des finances publiques un véritable instrument de gouvernance, de stabilité macroéconomique et de transformation structurelle de l’économie nationale. L’objectif est également de renforcer la capacité de l’État à soutenir un développement durable, inclusif et résilient.
Dans un contexte marqué par l’accélération des grands projets structurants et l’émergence de nouvelles opportunités économiques, les autorités souhaitent ainsi disposer d’un système de gestion publique plus performant, capable de garantir une utilisation optimale des ressources nationales.
Présent aux travaux, le représentant de la Délégation de l’Union européenne, Paulo Barroso, a salué les avancées enregistrées par la Guinée dans le domaine des réformes budgétaires et financières.
Il a estimé que le pays venait de franchir un nouveau cap avec l’élaboration du PREFIP 2026-2030, qu’il a présenté comme un programme ambitieux et cohérent, aligné à la fois sur les dispositions de la Loi organique relative aux lois de finances (LORF) et sur les objectifs de transformation définis dans le cadre du programme Simandou 2040.
Le représentant européen a également réaffirmé la disponibilité de l’Union européenne à poursuivre son accompagnement aux côtés des autorités guinéennes afin de soutenir la mise en œuvre effective des réformes prévues. Il a souligné que ce cadre stratégique résulte d’un processus concerté ayant associé les institutions nationales et les partenaires au développement autour d’une vision commune.
La ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, a rappelé que le PREFIP 2026-2030 s’inscrit dans la continuité des transformations engagées ces dernières années pour moderniser la gestion des finances publiques. Elle a souligné que ce nouveau plan contribuera à façonner l’administration financière de demain, dans un contexte où les ressources attendues des grands projets économiques nécessiteront une gestion plus stratégique et plus rigoureuse.
Pour la ministre, l’efficacité de l’action publique ne dépend pas uniquement de la mobilisation des ressources. Elle repose également sur la capacité de l’État à programmer efficacement ses investissements, à maîtriser les risques budgétaires, à exécuter les dépenses publiques avec discipline et à rendre compte de manière transparente de l’utilisation des fonds publics.
Le PREFIP 2026-2030 fixe une série de cibles de performance destinées à améliorer durablement la qualité de la gestion publique. Son dispositif de suivi sera notamment adossé à la plateforme numérique e-PREF, appelée à renforcer le pilotage, l’évaluation et le contrôle des réformes.
Parmi les principaux axes d’intervention figurent l’accélération de la mise en œuvre du budget-programme, le renforcement de la programmation budgétaire pluriannuelle, la modernisation des systèmes d’information financière ainsi que la consolidation des mécanismes de contrôle interne, d’audit et de redevabilité.
Moussa Traoré
