Les travaux de la cinquième réunion des directeurs généraux des douanes de la Confédération des États du Sahel (AES) et du Togo se sont achevés le vendredi 16 octobre 2026 à l’issue de deux jours d’échanges intenses consacrés au renforcement de la coopération douanière régionale.
Cette rencontre, précédée par les travaux techniques des experts des quatre pays, a permis de dresser le bilan des engagements antérieurs tout en définissant de nouvelles orientations destinées à approfondir l’intégration douanière entre les États membres de l’AES et le Togo.
Au titre de la coopération douanière entre la Confédération de l’AES et le Togo, les participants ont examiné l’état de mise en œuvre des recommandations adoptées lors de la précédente réunion.
Le bilan fait ressortir que sur les 18 recommandations formulées en 2025, neuf ont été entièrement réalisées, six sont en cours d’exécution tandis que trois restent encore à mettre en œuvre. Afin d’assurer la continuité des réformes engagées, les recommandations non réalisées ainsi que celles en cours d’exécution ont été reconduites. Les responsables douaniers ont toutefois estimé nécessaire de franchir une nouvelle étape en adoptant plusieurs mesures destinées à fluidifier davantage les échanges commerciaux et à moderniser les dispositifs de contrôle.
Parmi les nouvelles recommandations adoptées figure l’élaboration et la transmission des listes d’entreprises de chaque pays en vue de la mise en production du code d’identifiant régional au plus tard le 1er janvier 2027. Les administrations douanières ont également recommandé la création d’un itinéraire de transit destiné aux marchandises en provenance du Togo, transitant par le Bénin et le Nigeria à destination du Niger. Cette mesure vise à améliorer la fluidité des échanges commerciaux au sein de la région.
La réunion a également préconisé l’élargissement de l’itinéraire de transit Koutammakou-Cinkansé jusqu’aux bureaux de destination afin de mieux desservir les États de l’AES.
Les participants ont en outre insisté sur l’importance de la transformation numérique des administrations douanières. À cet effet, ils ont décidé de mettre en place, au plus tard le 31 janvier 2027, une cellule technique chargée de l’administration, de la supervision continue et du maintien en conditions opérationnelles des flux d’interconnexion entre les différents systèmes douaniers. Le renforcement de la sécurité des systèmes informatiques figure également parmi les priorités retenues.
Concernant la coopération douanière entre les États membres de la Confédération des États du Sahel, l’évaluation des recommandations précédentes révèle des avancées notables.
Sur les huit recommandations examinées, trois ont été mises en œuvre, deux sont en cours de réalisation et trois demeurent en attente d’exécution. Là encore, les recommandations non exécutées ont été reconduites afin d’assurer leur aboutissement.
Au-delà du suivi des décisions antérieures, les directeurs généraux des douanes ont insisté sur l’urgence d’accélérer l’adoption de plusieurs textes jugés structurants pour l’avenir de l’intégration économique de l’espace confédéral.
Les responsables douaniers ont exprimé leur volonté de donner la priorité à trois projets de décision considérés comme fondamentaux pour l’harmonisation des politiques douanières et commerciales de l’AES.
Le premier concerne l’instauration d’un régime tarifaire préférentiel confédéral, accompagné de règles d’origine communes et de procédures harmonisées applicables aux marchandises produites dans l’espace AES. Le deuxième porte sur la mise en place d’un cadre commun pour le transit des marchandises, destiné à faciliter la circulation des biens entre les États membres. Le troisième texte concerne un accord d’assistance administrative mutuelle en matière douanière, qui devrait permettre de renforcer la coopération entre les administrations nationales dans la lutte contre la fraude, la contrebande et les autres infractions douanières.
La ministre déléguée chargée du Budget, Fatoumata Bako Traoré, a souligné l’importance de la mise en œuvre effective des résolutions adoptées. Pour les autorités, ces avancées constituent un levier essentiel pour renforcer l’intégration économique régionale, sécuriser les recettes douanières et faciliter les échanges commerciaux entre les pays de la Confédération des États du Sahel et le Togo.
Khadidiatou Maïga
