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Modibo Mao Makalou: « Une FEC permettrait au Mali de mobiliser des financements concessionnels cruciaux »

Alors que les pays de la Confédération des États du Sahel (AES) poursuivent leur affirmation politique et institutionnelle, les relations avec les institutions de Bretton Woods connaissent un regain de dynamisme. Entre nouveaux programmes de financement, accompagnement des réformes structurelles et renforcement de la stabilité macroéconomique, le FMI et la Banque mondiale demeurent des partenaires clés du Burkina Faso, du Mali et du Niger. Dans cet entretien accordé à L’Économiste du Mali, l’économiste Malien Modibo Mao Makalou, ancien sherpa de la Commission de l’Union africaine et du Nepad, ainsi qu’ex-conseiller aux affaires économiques et financières de la présidence du Mali  décrypte les enjeux de ce rapprochement et ses implications pour l’avenir économique de l’espace sahélien. Entretien.

L’Economiste du Mali : Comment expliquez-vous le rapprochement actuel entre les pays de l’AES et les institutions de Bretton Woods ?

Modibo Mao Makalou : Les relations entre les 3 pays membres de la Confédération des Etats du Sahel (AES) que sont le Burkina Faso, le Mali et le Niger sont bonnes. Le Fonds Monétaire International (FMI)  maintient son rôle de conseiller technique et financier en matière de réformes de maîtrise budgétaire et de bonne gouvernance économique et financière auprès de chaque pays de l’AES afin de préserver la stabilité macroéconomique malgré un environnement difficile.  Pour ce qui concerne la a Banque Mondiale, la coopération technique avec les pays membres de l’AES sur les projets de développement se poursuit à travers des programmes  sectoriels de développement (santé, éducation, agriculture, infrastructures et résilience climatique…)

L’Economiste du Mali : Quels sont les principaux enjeux du nouvel accord conclu entre le Niger et le FMI ?

M.M.M : Les autorités nigériennes et les services du FMI ont conclu en octobre 2026, un accord au niveau des services sur la dixième et dernière revue du programme économique appuyé par la Facilité Élargie de Crédit (FEC). Un accord au niveau des services a également été conclu sur les politiques économiques et les réformes structurelles sous-tendant un nouveau programme de 38 mois appuyé par la FEC pour un financement d’un montant de 203 millions de dollars (environ 120 milliards FCFA) pour soutenir la stratégie de développement du pays (2025–2029) en vue de consolider la stabilité macroéconomique. Toutefois, l’accord est subordonné à l’approbation du conseil d’administration du FMI, qui devrait se réunir pour l’examiner en décembre 2026. L’achèvement de la revue et l’approbation de la demande de programme permettraient d’obtenir environ 36 millions de dollars pour répondre aux besoins de financement extérieur du Niger et aussi soutenir la mise en œuvre des réformes.

L’Economiste du Mali : Que peut-on attendre des discussions engagées entre le Mali et le FMI ?

M.M.M: Une mission du Fonds Monétaire International (FMI) a séjourné au Mali, du 5 au 9 octobre 2026. Cette mission avait parmi ses objectifs principaux de faire le point sur l’évolution de la situation macroéconomique du pays, et d’examiner les perspectives d’un programme économique et financier appuyé par une Facilité Élargie de Crédit (FEC). Les prochaines étapes porteront sur la satisfaction des conditions pour l’ouverture de négociations pour un programme économique et financier soutenu par une Facilité élargie de crédit (FEC). Une FEC permettrait au Mali de mobiliser des financements concessionnels (taux d’intérêt bas en dessous de ceux du marché) de plus longue durée pour faire face aux échéances de la dette publique et aux obligations régionales (estimées à environ 1 285 milliards de FCFA arrivant à échéance en 2026).

L’Economiste du Mali : Ces nouveaux programmes peuvent-ils accélérer les réformes économiques dans l’AES ?

M.M.M : Selon le FMI, les autorités Burkinabè ont également achevé les réformes prévues en vertu de l’accord au titre de la facilité pour la résilience et la durabilité (FRD) : adoption d’une stratégie nationale de financement des risques de catastrophe et publication de cartes des dangers et des risques climatiques. La poursuite de la mise en œuvre du programme de réformes soutenu par l’accord au titre de la FRD contribuera à réduire les risques climatiques et à mobiliser des investissements en vue de renforcer la résilience.  Une mission du FMI a séjourné à Niamey (Niger) du 28 septembre au 8 octobre 2026 pour mener des entretiens sur la dixième et dernière revue du programme de réformes économiques du Niger appuyée par la facilité élargie de crédit (FEC), sur un nouveau programme de 38 mois, et sur les consultations de 2026 au titre de l’article IV.

Le nouveau programme appuyé par la FEC vise à consolider la stabilité macroéconomique et les acquis de réforme, et à accompagner la mise en œuvre de l’ambitieuse stratégie de développement adoptée par le gouvernement du Niger pour 2025-2029.

Au Mali, la conclusion satisfaisante de la deuxième et dernière revue du programme de référence du FMI au premier trimestre 2026 qui n’incluait pas de décaissements directs a permis de valider les réformes structurelles. Une mission du FMI a achevé le 9 octobre 2026 une série de discussions à Bamako avec les autorités maliennes pour examiner les perspectives d’un programme appuyé par une FEC.

Rappelons que les perspectives économiques et financières dans l’AES sont assujetties aux risques engendrés par l’insécurité, la volatilité du prix des matières premières et les changements climatiques.

Propos recueillis par

Souleymane Coulibaly

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