La République centrafricaine franchit une nouvelle étape dans le renforcement de sa coopération avec le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD). En mission de travail au siège de l’institution panafricaine le 7 octobre 2026, le ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération internationale, gouverneur de la RCA auprès de la BAD, a conduit une série d’échanges stratégiques qui ont débouché sur plusieurs décisions importantes en faveur du financement du développement et de l’amélioration de l’exécution des projets publics.
Cette mission, articulée autour de trois principales rencontres, a permis d’aborder les priorités économiques du pays, les réformes en cours ainsi que les mécanismes destinés à renforcer l’efficacité de la coopération entre Bangui et la Banque africaine de développement.
Lors d’une séance de travail avec l’équipe-pays de la BAD, les échanges ont porté sur les réformes engagées par les autorités centrafricaines pour renforcer la stabilité économique et améliorer l’environnement des affaires.
Les discussions ont notamment concerné la libéralisation du secteur pétrolier, l’application du nouveau Code minier adopté en 2024 ainsi que la mise en œuvre des programmes conclus avec le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale. La transition progressive vers la période post-MINUSCA a également figuré parmi les sujets abordés.
Afin d’améliorer la gestion des financements extérieurs, les deux parties ont convenu de regrouper les unités de gestion de projets par secteur d’activité. Cette réorganisation devrait permettre de réduire les coûts administratifs, de rationaliser les ressources disponibles et d’accroître la productivité des projets financés par les partenaires techniques et financiers.
Par ailleurs, la création d’un Fonds social destiné à fournir un soutien plus direct aux populations a été retenue. Les discussions ont également permis d’accélérer le calendrier du projet « Lait-Viande », dont la mise en œuvre est désormais envisagée dès 2027. Ce programme prévoit notamment la réhabilitation de l’abattoir SEGA afin de renforcer les capacités nationales de production et de transformation dans le secteur de l’élevage.
Pour soutenir cette dynamique, la BAD a annoncé le déploiement prochain de trois experts à Bangui dans les domaines de la passation des marchés et des infrastructures, avec pour mission d’accélérer l’exécution des projets en cours.
La mission a également été marquée par une séance de travail avec la Facilité africaine de soutien juridique (ALSF).
Cette structure spécialisée accompagnera la République centrafricaine dans plusieurs chantiers jugés stratégiques, notamment le développement du secteur minier, la modernisation du cadre juridique pétrolier, le reprofilage de la dette intérieure ainsi que la révision de certaines grandes concessions.
L’ALSF apportera également son expertise dans la transposition de la directive de la CEMAC relative aux partenariats public-privé (PPP), un outil considéré comme essentiel pour mobiliser davantage d’investissements privés dans les infrastructures et les services publics.
L’audience accordée par le président du Groupe de la BAD a constitué le point culminant de cette mission. Plusieurs décisions concrètes ont été actées afin de renforcer l’efficacité opérationnelle de la Banque en République centrafricaine.
Parmi les mesures annoncées figure l’ouverture d’un guichet unique de la BAD à Bangui à compter du 1er janvier 2027, une initiative destinée à simplifier les procédures et à rapprocher davantage l’institution de ses partenaires nationaux. Les deux parties ont également convenu de la création d’une agence unique d’exécution des projets, placée sous la tutelle du ministère de l’Économie, du Plan et de la Coopération internationale. Cette structure devrait permettre d’améliorer la coordination, le suivi et l’exécution des investissements financés par les bailleurs.
Compte tenu du contexte de fragilité que traverse le pays, des procédures d’acquisition adaptées seront également mises en place afin d’accélérer la réalisation des projets prioritaires.
Sur le plan financier, la BAD a confirmé la sécurisation de 100 millions d’unités de compte, soit environ 60 milliards de FCFA, pour le financement du corridor 14, avec le concours de la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA) et de l’Union européenne.
Par ailleurs, un appui supplémentaire de 10 millions d’unités de compte, représentant près de 6 milliards de FCFA, sera mobilisé pour aider le pays à faire face aux conséquences économiques de la crise internationale liée aux tensions avec l’Iran.
En marge des rencontres officielles, le ministre s’est également entretenu avec les cadres centrafricains exerçant au sein de la BAD. Les échanges ont porté sur le renforcement de la présence des compétences centrafricaines au sein de l’institution, en cohérence avec la stratégie nationale de mobilisation de la diaspora et de valorisation des expertises nationales.
À travers cette mission, la République centrafricaine consolide ainsi son partenariat avec la Banque africaine de développement et s’assure de nouveaux appuis techniques, financiers et institutionnels destinés à accélérer la transformation économique du pays et à améliorer les conditions de vie des populations.
Korotoumou Sylla
