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Sénégal: déficit à 5,4% et dette à 105%, le nouveau chiffrage présenté aux créanciers

Le mardi 6 octobre 2026, le Sénégal a rencontré ses créanciers pour exposer sa situation économique et financière. Cette réunion, très attendue, a permis de clarifier les enjeux liés au rebasing du PIB, à la viabilité de la dette et aux perspectives de restructuration indispensables pour l’approbation du programme avec le FMI.

Le rebasing du PIB a ramené la dette totale du Sénégal à 105 % du PIB en 2025, tandis que le déficit budgétaire s’est établi à 5,4 % du PIB. Ces ajustements rendent moins nécessaire de solliciter des pertes sur les créances des investisseurs privés, au‑delà de simples reprofilages si cela s’avérait indispensable. Le pays est évalué selon le cadre d’analyse de viabilité de la dette des pays à faible revenu, actuellement en cours de révision. Ce cadre justifie le processus de restructuration, sans lequel le FMI ne peut approuver le programme. Les questions de liquidité devraient être réglées à court terme grâce aux discussions en cours avec les créanciers officiels, qui ont déjà autorisé des décaissements sur des projets non budgétisés, parfois exécutés par leurs propres entreprises.

Le calendrier proposé prévoit l’approbation du programme en novembre et la finalisation du processus de restructuration en décembre. Reste à savoir si les créanciers privés accepteront ces termes, l’analyse de viabilité devant d’abord les convaincre.

Pour Abdourahmane Sarr, ancien ministre du Plan, ce processus reste essentiellement cosmétique : « L’essentiel est que le programme soit approuvé et que le Sénégal reste sur sa trajectoire de consolidation et de refinancement régional. De ce point de vue, il ne faut pas que les non‑résidents hors UEMOA qui ont investi dans nos titres en FCFA soient impactés, car nous les voulons dans notre marché à l’avenir », a‑t‑il souligné.

L’Assemblée nationale doit examiner la Loi de finances rectificative (LFR), dont l’approbation constituera un préalable au programme. Une convergence de vues sur la trajectoire budgétaire sera donc indispensable pour garantir la crédibilité du processus.

Cette rencontre avec les créanciers illustre la complexité de la situation financière du Sénégal : un pays engagé dans une dynamique de consolidation budgétaire, mais contraint de composer avec les exigences du FMI et les attentes des investisseurs. Entre réassurance des créanciers privés, mobilisation des partenaires officiels et validation parlementaire, le chemin vers la restructuration reste semé de défis, mais demeure crucial pour préserver la stabilité économique et la confiance internationale.

Nana Touré

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