Le Parc des Expositions de Port-Bouët a accueilli, ce lundi 5 octobre, la première édition des Journées Foncières d’Abidjan, placée sous le signe de la transparence et de la modernisation de la gouvernance foncière. À cette occasion, le Ministre de l’Agriculture, du Développement Rural et des Productions Vivrières, Bruno Nabagné Koné, a dressé un bilan chiffré des efforts entrepris par l’État pour sécuriser le foncier rural en Côte d’Ivoire.
Le défi de la sécurisation foncière rurale en Côte d’Ivoire demeure colossal. Il s’agit de sécuriser près de 23 millions d’hectares, de délimiter 8 631 villages, de délivrer environ 1,5 million de certificats fonciers et de formaliser autant de contrats agraires. Ces objectifs traduisent l’ampleur d’une réforme d’envergure nationale, dont la finalité est de garantir la stabilité sociale et économique des zones rurales. En réduisant les conflits liés à la terre et en renforçant la confiance des populations envers l’État, cette politique foncière contribue à transformer durablement la relation entre les communautés rurales, leur patrimoine foncier et les institutions publiques.
En 2017, la Côte d’Ivoire n’en était qu’aux balbutiements de sa réforme foncière : à peine 284 villages avaient été délimités et bornés, seulement 4 000 certificats fonciers avaient été délivrés, et aucun contrat agraire n’avait encore été signé. Neuf ans plus tard, les résultats traduisent une avancée spectaculaire. À ce jour, 5 786 villages ont été délimités et bornés, dont 2 316 consacrés par arrêté ministériel. Le nombre de certificats fonciers délivrés s’élève désormais à 68 026, tandis que 86 447 contrats agraires ont été formalisés. Ces chiffres illustrent une accélération remarquable du processus de sécurisation foncière, portée par une volonté politique affirmée et par le déploiement de moyens techniques renforcés. Ils témoignent d’une dynamique qui transforme progressivement la gouvernance des terres rurales, en consolidant la paix sociale et en favorisant un développement agricole durable.
Au-delà des chiffres, les résultats se mesurent dans la vie quotidienne des populations. Une évaluation indépendante conduite en 2025 a révélé une réduction d’environ 30 % des conflits fonciers, preuve que la politique de sécurisation foncière contribue directement à la paix sociale et à la stabilité des communautés rurales.
Pour le Ministre Bruno Nabagné Koné, ces résultats ne doivent pas être perçus comme une finalité, mais comme les jalons d’une transformation progressive de la relation entre les populations, la terre et l’État. La sécurisation foncière devient ainsi un levier de développement, favorisant l’investissement agricole, la modernisation des exploitations et la consolidation de la souveraineté alimentaire.
Khadidiatou Maïga
