A LA UNENotation souveraine: Bloomfield salue la gouvernance économique du Bénin

Notation souveraine: Bloomfield salue la gouvernance économique du Bénin

Dans un entretien exclusif accordé à L’Économiste du Bénin, Stanislas Zézé, président de Bloomfield Investment Corporation, revient sur l’amélioration de la notation souveraine du Bénin, passée de A+ à AA-. Il explique les ressorts de cette progression, fruit d’une décennie de réformes économiques et financières, tout en identifiant les défis sécuritaires à anticiper et les pistes de financement pour soutenir la dynamique de croissance.

Selon Stanislas Zézé, cette évolution est le fruit d’une décennie de réformes visant à assainir les finances publiques, améliorer le fonctionnement de l’administration et renforcer les performances économiques. Le déficit budgétaire est désormais contenu à 2,5 %, en dessous du seuil de 3 %, tandis que le niveau d’endettement reste modéré, autour de 50 % du PIB, bien inférieur au benchmark de 70 %. L’élargissement de l’assiette fiscale a permis de générer davantage de revenus locaux et de limiter le recours à l’endettement.

« Le Bénin se retrouve aujourd’hui dans une situation économique très favorable, avec une gouvernance excellente et une gestion des finances publiques exemplaire », souligne Stanislas Zézé.

Malgré cette embellie, l’expert met en garde contre le risque sécuritaire, lié à l’instabilité des pays voisins confrontés au terrorisme. La capacité du Bénin à organiser sa défense et à absorber cette menace sera déterminante pour préserver la dynamique économique.

Interrogé sur la création d’une agence publique africaine de notation par l’Union africaine, Stanislas Zézé se montre sceptique. Pour lui, la crédibilité d’une agence publique serait difficile à établir. Il plaide plutôt pour le renforcement des agences privées africaines existantes Bloomfield, Agusto & Co, GCR qui cumulent plus de 80 années d’expérience.

Le président de Bloomfield insiste également sur la nécessité de créer des fonds d’investissement dédiés aux PME, financés par les assurances, les fonds de pension et l’État. Les banques, selon lui, ne sont pas adaptées au financement de l’amorçage et des TPE. Il propose même de rendre l’assurance-vie obligatoire pour les travailleurs, afin de mobiliser une épargne nationale capable de soutenir l’économie, à l’image des modèles américain et japonais.

Stanislas Zézé recommande aux États africains de concentrer leurs efforts sur trois axes : Construire l’indépendance économique par la transformation locale des matières premières et l’investissement dans la recherche et le développement. Créer des champions nationaux pour dominer les économies locales et mieux redistribuer la richesse. Abaisser les barrières intra-africaines, notamment les visas, afin de faciliter les échanges et mutualiser les forces dans le cadre de la ZLECAf.

Avec une note relevée à AA-, le Bénin s’impose comme un modèle de gouvernance économique en Afrique de l’Ouest. Mais cette performance doit être consolidée par une vigilance sécuritaire accrue et par des réformes structurelles visant à renforcer l’indépendance économique et le financement des PME. Pour Bloomfield, l’avenir du continent repose sur la capacité des États à transformer leurs économies, bâtir des champions nationaux et lever les obstacles à l’intégration régionale.

Souleymane Coulibaly

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